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PériplePrès de 70.000 interceptions de migrants partis de Tunisie cette année

Immigration clandestine : Près de 70.000 interceptions de migrants partis de Tunisie cette année

PéripleLa Tunisie est avec la Libye le principal point de départ pour des milliers de migrants qui cherchent à se rendre en Europe
Des migrants sont secourus par un bateau de l'équipe de secours de MSF (Médecins Sans Frontières), après avoir quitté la Libye pour tenter de rejoindre le sol européen, en mer Méditerranée, le vendredi 6 octobre 2023.
Des migrants sont secourus par un bateau de l'équipe de secours de MSF (Médecins Sans Frontières), après avoir quitté la Libye pour tenter de rejoindre le sol européen, en mer Méditerranée, le vendredi 6 octobre 2023. - Paolo Santalucia/AP/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

C’est plus du double par rapport à l’année dernière. Près de 70.000 migrants ont été interceptés cette année alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée depuis la Tunisie vers l’Italie, a indiqué un porte-parole de la garde nationale samedi. La Tunisie est avec la Libye le principal point de départ pour des milliers de migrants qui cherchent à se rendre en Europe.

Sur onze mois, le nombre de candidats à l’émigration clandestine interceptés par les autorités tunisiennes s’est établi à 69.963 personnes contre 31.297 sur la même période de 2022, selon des graphiques transmis à l’AFP par le porte-parole de la garde nationale, Houcem Eddine Jebabli.

Violente campagne antimigrants

Sur ce total, 77,5 % (54.224) étaient des étrangers en majorité des ressortissants d’Afrique subsaharienne, et le reste des Tunisiens (15.739), contre 59 % de migrants étrangers en 2022 (18.363) face à 12.961 Tunisiens. Les départs des migrants ont connu une accélération après un discours fin février du président tunisien Kais Saied, dénonçant l’arrivée « de hordes de migrants clandestins » en provenance d’Afrique subsaharienne et imputant leur présence à un « plan criminel » visant à « changer la composition démographique » de son pays.

Ces propos ont déclenché une violente campagne antimigrants incitant plusieurs pays africains (Côte d’Ivoire et Guinée notamment) à rapatrier des milliers d’entre eux, tandis que beaucoup d’autres ont pris la mer au prix de nombreux naufrages. En 2023, l’essentiel des migrants (82 %) ont été interceptés sur le littoral proche de Sfax (centre-est), ville distante d’à peine 150 km de l’île italienne de Lampedusa, à comparer à un chiffre de 66 % pour 2022, selon la garde nationale.

Des expulsions dans le désert

Une nouvelle accélération des départs de migrants d’Afrique subsaharienne s’est produite cet été après que des centaines d’entre eux ont été chassés de Sfax, théâtre d’une rixe ayant entraîné la mort d’un Tunisien, et conduits par la police dans des zones désertiques aux frontières avec la Libye et l’Algérie dans ce que l’ONU a dénoncé comme des « expulsions ». Des accusations rejetées par les autorités tunisiennes.

Selon plusieurs sources humanitaires internationales contactées récemment par l’AFP, « au moins 5.500 migrants ont été expulsés vers la frontière avec la Libye et plus de 3.000 vers celle avec l’Algérie depuis juin », dont un grand nombre de migrants qui avaient été auparavant interceptés en mer ou à terre. Plus de 100 migrants sont morts dans le désert tuniso-libyen pendant l’été, selon les sources humanitaires qui ont indiqué que les « expulsions collectives vers la Libye et l’Algérie continuent ».

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