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coup de filetIls forçaient des migrants à devenir cybercriminels, 281 personnes arrêtées

Criminalité : Ils forçaient des migrants à devenir cybercriminels, 281 personnes arrêtées

coup de filet« Les victimes sont souvent attirées par de fausses offres d’emploi, puis forcées de commettre une fraude en ligne à grande échelle, tout en subissant des violences physiques abjectes », a expliqué Interpol
Interpol a annoncé l'arrestation de 281 personnes, soupçonnées notamment de traite d'êtres humains, fraude ou corruption, et la mise à l'abri de 149 victimes.
Interpol a annoncé l'arrestation de 281 personnes, soupçonnées notamment de traite d'êtres humains, fraude ou corruption, et la mise à l'abri de 149 victimes. - RAPHAEL BLOCH/SIPA / SIpa
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Ils croient répondre à des offres d’emploi et se retrouvent entre les mains de criminels. Interpol a annoncé vendredi l’arrestation de 281 personnes à l’issue de sa première opération internationale dédiée à la lutte contre le trafic d’êtres humains en vue d’alimenter les escroqueries en ligne, un phénomène originaire d’Asie du Sud-Est qui se mondialise.

L’opération « Storm Makers II » était dirigée contre les réseaux criminels qui obligent par la force des migrants à travailler dans des centres de cyberfraudes. Elle a été menée entre le 16 et le 20 octobre avec la coopération de 27 pays, selon un communiqué.

Elle a permis l’arrestation de 281 personnes, soupçonnées notamment de traite d’êtres humains, fraude ou corruption, et la mise à l’abri de 149 victimes, précise l’organisation internationale de coopération policière, dont le siège est à Lyon.

Des descentes de police ont été menées sur 450 points reconnus de traite d’êtres humains et de trafic de migrants, après cinq mois de coordination entre ces forces de l’ordre.

« De nombreux lieux sont régulièrement utilisés pour acheminer des victimes vers des centres d’escroquerie en ligne connus d’Asie du Sud-Est », explique Interpol dans son communiqué. « Les victimes sont souvent attirées par de fausses offres d’emploi, puis forcées de commettre une fraude en ligne à grande échelle, tout en subissant des violences physiques abjectes ».

Obligés de passer des appels téléphoniques dans leur pays pour arnaquer leurs concitoyens

Interpol souligne que l’opération a confirmé la mondialisation croissante du phénomène.

A titre d’exemple, les forces de l’ordre ougandaises ont signalé en octobre que plusieurs citoyens avaient été emmenés à Dubaï – prétendument pour y travailler – avant d’être détournés vers la Thaïlande, puis vers la Birmanie. Sur place, détenus sous surveillance armée, ils ont été contraints de participer à des fraudes contre des banques.

Dans une affaire dénouée avant cette opération, des Asiatiques avaient été attirés vers le Pérou par de fausses promesses d’emploi dans des casinos, mais s’étaient retrouvés obligés de passer des appels téléphoniques dans leur pays pour arnaquer leurs concitoyens.

Storm Makers II a également permis de découvrir une série d’autres infractions avec des victimes mineures : un garçon de 13 ans originaire du Bangladesh a ainsi été secouru après avoir été victime d’un trafic vers l’Inde.

« Le coût humain des centres d’escroquerie en ligne continue d’augmenter », souligne Rosemary Nalubega, directrice adjointe des communautés vulnérables à Interpol, citée dans le communiqué, en insistant sur la nécessité d’une « action mondiale concertée » pour y faire face.

Au total, 27 pays ont participé à l’opération : Angola, Australie, Bangladesh, Birmanie, Brésil, Cambodge, Chine, Éthiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Kazakhstan, Kenya, Laos, Malaisie, Népal, Pakistan, Philippines, Singapour, Afrique du Sud, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande, Turquie, Ouganda, Émirats arabes unis et Vietnam.

Une première opération « Storm Makers » avait eu lieu en mars 2022 et visait le trafic d’êtres humains en général. Elle avait permis de recueillir des informations pour lancer la suivante, ciblée sur les arnaques en ligne.

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