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GRACECondamné au Pérou pour crimes contre l’humanité, Alberto Fujimori libéré

Pérou : Emprisonné pour crimes contre l’humanité, l’ancien président Alberto Fujimori libéré

GRACELa Cour constitutionnelle a ordonné la libération de l’ex-président (1990-2000) qui souffre de problèmes de santé. Ce choix envers l’ancien homme fort du Pérou âgé de 85 ans divise le pays
L'ancien président du Pérou Alberto Fujimori, quittant la prison de Barbadillo, le 6 décembre 2023.
L'ancien président du Pérou Alberto Fujimori, quittant la prison de Barbadillo, le 6 décembre 2023. - Renato PAJUELO / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Alberto Fujimori ne dort plus en prison. L’ancien président du Pérou (1990-2000) a été libéré mercredi, alors qu’il purgeait depuis 2009 une peine de vingt-cinq ans pour crimes contre l’humanité.

Il a quitté à 18h29 la prison de Barbadillo, à l’est de Lima, à bord d’une camionnette qui a fendu la foule de ses soutiens. Sa fille Keiko, trois fois candidate malheureuse au second tour de la présidentielle, et son fils Kenji, qui avaient maintes fois réclamé la libération de leur père, se trouvaient à ses côtés.

Coupable de la mort de 25 personnes

Agé aujourd’hui de 85 ans, il avait été jugé coupable de la mort de 25 personnes dans deux massacres perpétrés par un commando de l’armée dans le cadre de ce qui avait été appelé la guerre contre le terrorisme (1980-2000) des guérillas d’extrême gauche.

La Cour constitutionnelle avait ordonné mardi la libération « immédiate » de l’ancien président qui souffre de manière récurrente de problèmes respiratoires et neurologiques, dont des paralysies faciales. Pour le cardinal Pedro Barreto, cette grâce est une « gifle ». « Dans ce pays, quand il y a une sentence judiciaire, elle est exécutée jusqu’au dernier jour, il n’y a de privilège pour personne », a-t-il fustigé.

La Cour interaméricaine des droits de l’Homme a réclamé mercredi en vain au Pérou de « s’abstenir d’exécuter » la décision de la Cour constitutionnelle. Mais le gouvernement de Dina Boluarte a autorisé sa libération.

Une décision qui ne peut pas faire l’objet d’un appel

Alberto Fujimori « a effectué approximativement les deux tiers de sa peine », s’est justifié la Cour constitutionnelle, en plus d’avancer ses arguments humanitaires. Son ordonnance, qui ne peut pas faire l’objet d’un appel, rétablit la grâce accordée à Alberto Fujimori en 2017 et qui avait été révoquée deux ans plus tard par la Cour suprême.

La juridiction avait déjà ordonné en mars 2022 sa libération mais la Cour interaméricaine des droits de l’Homme avait demandé à l’Etat de « s’abstenir d’exécuter » cette décision et le pays, alors dirigé par le président de gauche Pedro Castillo, s’était cette fois-ci conformé à la décision.

Fuite au Japon avant son extradition

Alberto Fujimori a gouverné le Pérou d’une main de fer mais, face à une opposition croissante, il s’était enfui en novembre 2000 au Japon, d’où sa famille est originaire. C’est par fax qu’il avait annoncé alors renoncer à son mandat. Extradé ensuite du Chili en 2007, il avait été condamné et emprisonné deux ans plus tard.

Malgré la demande de « pardon » formulée en 2017 pour les actes commis par son gouvernement, Alberto Fujimori a divisé les Péruviens comme peu d’hommes politiques l’ont fait dans l’histoire de ce pays de 32 millions d’habitants. Pour certains, il est l’homme qui a dopé l’essor économique par ses politiques ultralibérales, et combattu avec succès les guérillas. D’autres se souviennent surtout des scandales de corruption et de ses méthodes autoritaires.

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