L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) a reconnu dans son nouveau rapport publié mercredi être au point mort dans ses enquêtes sur les activités nucléaires présumées de l'Iran et de la Syrie, en raison notamment d'un manque de coopération de ces deux pays.
L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) a reconnu dans son nouveau rapport publié mercredi être au point mort dans ses enquêtes sur les activités nucléaires présumées de l'Iran et de la Syrie, en raison notamment d'un manque de coopération de ces deux pays. — Dieter Nagl AFP/Archives

PORTRAIT

Egypte: Le phénomène El Baradei

L'ex-patron de l'Agence internationale à l'énergie atomique se présente à la présidentielle dans son pays. Pas pour gagner mais pour faire bouger les lignes...

Mohamed El Baradei dérange. A 67 ans, l’ancien patron de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) est revenu en Egypte, son pays, en février 2010 après plus de douze ans d’absence. A son arrivée plusieurs centaines de partisans l’attendaient en lançant un slogan fort: «Oui à El Baradei président de la République.» Une petite révolution dans un pays où les manifestations sont souvent violemment réprimées en vertu de l’état d’urgence qui dure depuis  1981.

Aujourd’hui, El Baradei explique qu’il se présentera à l’élection présidentielle prévue en 2011, uniquement si la Constitution est amendée pour lever les restrictions sur les candidats. «Il y a peu de chance pour que cela arrive, affirme Sophie Pommier, directrice du cabinet de conseil sur le monde arabe, Méroé. Le gouvernement l’a déjà modifiée en 2007, et on ne voit pas pourquoi il changerait quelque chose pour faire plaisir à El Baradei.» Selon la chercheuse, El Baradei n’a quasiment aucune chance d’être élu en l’état actuel des choses. «Mais il aura réussi à mettre un coup de projecteur sur la situation du pays», tempère-t-elle.  

Le vent de changement ne plaît pas à tout le monde

Plusieurs mois avant son retour, après avoir quitté l’AIEA en novembre 2009, El Baradei avait envoyé des messages au président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans, pour réclamer des réformes et plus généralement, une démocratisation du pays. Pourtant, il ne semblait pas s’attendre à un tel accueil. Depuis son retour, il multiplie les réunions politiques dans sa villa au Caire et les déplacements à la rencontre des égyptiens. «J’espérais une vie un peu plus tranquille», a-t-il déclaré dans une interview au quotidien britannique The Guardian fin mars.

Profitant de l’engouement autour de sa personne, il a fondé, avec d’autres mouvements d’opposition qui le soutiennent, l’Association nationale pour le changement. Autre signe de popularité, des groupes se sont créés sur le réseau social Facebook pour le soutenir. Le groupe égyptien compte plus de 200.000 membres, et d’autres pays Arabes ont suivi le mouvement. Mais ce vent de changement ne plaît pas à tout le monde. Les autorités koweïtiennes ont arrêté la semaine dernière une vingtaine d’Egyptiens travaillant dans l'émirat pour avoir organisé un rassemblement de soutien à El Baradei et appelé au changement politique dans leur pays. Dix-sept d’entre eux ont été extradés vers l’Egypte.