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InsécuritéL’ONU approuve l’envoi d’une force internationale en Haïti

Haïti : L’ONU approuve l’envoi d’une force internationale

InsécuritéMenée par le Kenya, la mission vise notamment à « apporter un soutien opérationnel à la police haïtienne » dans sa lutte contre les gangs
Des policiers réprimant une manifestation près de Port-au-Prince, le 14 août 2023.
Des policiers réprimant une manifestation près de Port-au-Prince, le 14 août 2023. - Richard PIERRIN / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Viols utilisés comme arme de terreur, snipers sur les toits, personnes brûlées vives, enlèvements contre rançons… En Haïti, la violence des gangs qui contrôlent la majorité de la capitale Port-au-Prince ne cesse de s’aggraver. Depuis un an presque jour pour jour, le Premier ministre haïtien Ariel Henry et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres réclament donc une mission de soutien à la police. Lundi, le Conseil de sécurité leur a donné satisfaction avec l’envoi d’une force multinationale menée par le Kenya.

Ce vote « est une lueur d’espoir pour le peuple qui subit depuis trop longtemps les conséquences d’une situation politique, socio-économique, sécuritaire et humanitaire difficile », a immédiatement salué le ministre haïtien des Affaires étrangères, Jean Victor Généus, présent dans la salle du Conseil.

Une communauté internationale très hésitante

La partie n’était cependant pas gagnée d’avance. Au sein d’une communauté internationale échaudée par les expériences passées dans le pays et les risques de se retrouver piégé dans un bourbier meurtrier, il a été difficile de trouver un volontaire pour prendre la tête de cette mission. Jusqu’à fin juillet où le Kenya a finalement annoncé être prêt à mener cette force non onusienne et à déployer 1.000 hommes. Les autres participants de la mission restent désormais à préciser.

La résolution adoptée par 13 voix pour et 2 abstentions (Chine et Russie) valide donc cette mission pour « une période initiale de douze mois », avec une réévaluation au bout de neuf. Elle vise à « apporter un soutien opérationnel à la police haïtienne » et à améliorer la sécurité suffisamment pour organiser des élections, alors qu’aucun scrutin n’a eu lieu depuis 2016.

En coopération avec les autorités haïtiennes, la mission pourra, pour sauver des vies, employer des « mesures d’urgence » temporaires et proportionnées « sur une base exceptionnelle », notamment via des arrestations, dans le respect du droit international.

L’embargo sur les armes élargi

La Chine, qui dispose d’un droit de veto au Conseil, s’est par contre montrée moins enthousiaste. « Sans un gouvernement légitime, efficace et qui rend des comptes, tout soutien extérieur ne peut guère avoir des effets durables », a mis en garde son ambassadeur Zhang Jun. Sous sa pression, la résolution généralise d’ailleurs l’embargo sur les armes légères et munitions, jusqu’ici uniquement applicable aux chefs de gangs visés par le régime de sanctions mis en place en octobre 2022 et qui ne concerne à ce stade qu’un individu.

Dans un récent rapport, Antonio Guterres soulignait que la crise économique, politique et sécuritaire que traverse Haïti s’est encore aggravée depuis un an, avec des gangs « plus nombreux et mieux armés » que les quelque 14.000 policiers comptabilisés fin juin 2023. Au total, près de 2.800 meurtres ont été dénombrés entre octobre 2022 et juin 2023, dont près de 80 mineurs, selon ce rapport.

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