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polémiqueTout comprendre à la barrière flottante texane antimigrants

Etats-Unis : C’est quoi cette histoire de barrière flottante antimigrants au Texas ?

polémiqueLe gouverneur républicain du Texas a érigé en juillet une barrière flottante pour empêcher la traversée de migrants mexicains. Un dispositif qui pose question sur le plan humanitaire et dont le sort est entre les mains de la justice
La barrière flottante installée sur le fleuve Rio Grande fait plus de 300 mètres de long.
La barrière flottante installée sur le fleuve Rio Grande fait plus de 300 mètres de long.  - AFP / AFP
O.O avec AFP

O.O avec AFP

L'essentiel

  • Le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott dénonce une « invasion » de migrants hispaniques, qui font la traversée depuis le fleuve Rio Grande.
  • Il a fait installer en juillet une barrière flottante de 300 mètres de long visant à repousser les migrants.
  • L’administration Biden a saisi la justice pour faire interdire le dispositif. Une cour fédérale lui a donné raison, avant qu’une cour d’appel n’accorde un sursis à l’installation.

En juillet, le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott a installé une barrière de bouées sur le fleuve Rio Grande, pour empêcher la venue de migrants mexicains sur le territoire américain. C’est quoi ce dispositif ? Comment réagit le gouvernement ? Que dit la justice ? 20 Minutes fait le point sur l’affaire du « Floating Border Wall ».

Cette frontière flottante, comment ça marche ?

En juillet dernier, le gouverneur du Texas a fait installer une série de bouées géantes de couleur orange sur le Rio Grande, près du village d’Eagle Pass, comme le rappelle Courrier international, qui cite le Wall Street Journal. Cette barrière flottante fait plus de 300 mètres de long. L’emplacement n’a pas été choisi au hasard. Cet endroit du fleuve « est devenu l’un des points de passage favoris des familles de migrants, car Piedras Negras, la ville mexicaine de l’autre côté de la frontière, est relativement sûre, et l’eau assez peu profonde, ce qui permet d’éviter les courants les plus dangereux », précise le Wall Street Journal.

« Ces bouées vont éviter que les personnes s’approchent de la frontière. Et ce processus commence plus ou moins tout de suite », avait déclaré Greg Abbott en juillet dernier, obsédé à l’idée d’endiguer ce qu’il qualifie « d’invasion » des migrants hispaniques surnommés les « espaldas mojadas » (dos mouillés). Au contraire, l’administration du président démocrate Joe Biden assure que le nombre de traversées illégales a dégringolé depuis l’introduction de nouvelles règles concernant le droit d’asile.

L’efficacité du dispositif pose sérieusement question. « Il y a beaucoup plus de migrants blessés, qui ont dû emprunter des chemins plus risqués pour traverser le fleuve », a confié au Wall Street Journal Valeria Wheeler, qui dirige un centre d’accueil de réfugiés à proximité de la frontière flottante.

Comment a réagi le gouvernement fédéral ?

A Washington, le ministère de la Justice a intenté une action en justice contre l’initiative texane en expliquant que ces bouées soulèvent un problème humanitaire et diplomatique, car elles vont à l’encontre des traités frontaliers conclus avec le Mexique.

Dans un premier temps, une injonction préliminaire d’un tribunal de New York a ordonné aux autorités texanes de déplacer cette barrière vers une digue texane avant le 15 septembre car l’emplacement actuel gêne la circulation fluviale. Pas une mince affaire car les bouées sont fixées par plus de 140 accroches en béton particulièrement lourdes, comme le rappelle Le Parisien.

Comment se règle ce feuilleton judiciaire ?

Ce jeudi, un tribunal fédéral a statué contre le gouverneur texan en exigeant le démantèlement de cette barrière. Le tribunal a interdit aux autorités de l’Etat et à toute entité travaillant à leur service de « construire ou d’ajouter quelque bouée, barrage ou structure de quelque type que ce soit sur le Rio Grande », en attendant une décision sur le fond d’une juridiction supérieure.

Le juge motive sa décision par les « dommages causés par la barrière flottante », citant « les énormes tensions qu’elle a provoquées sur les relations américano-mexicaines », ainsi que « les menaces pour la vie humaine et l’obstruction à la navigation libre et sûre ».

Sauf qu’après l’appel du gouverneur du Texas, une cour d’appel fédérale vient d’accorder un sursis temporaire à la barrière flottante, un coup dur pour l’administration Biden. Affaire à suivre…

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