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électionEn Equateur, une présidentielle hors norme

Présidentielle en Equateur : Entre assassinat, candidat ex-sniper et référendum, retour sur une élection hors norme

électionMarquée par l’assassinat d’un prétendant et avec en toile de fond une vague de violences sans précédent liée au narcotrafic en pleine expansion, la campagne présidentielle équatorienne a été mouvementée
Les partisans du candidat présidentiel du parti Construye, Christian Zurita, assistent à la clôture de sa campagne avant la présidentielle, à Quito le 17 août 2023.
Les partisans du candidat présidentiel du parti Construye, Christian Zurita, assistent à la clôture de sa campagne avant la présidentielle, à Quito le 17 août 2023. - MARTIN BERNETTI / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Les campagnes des candidats sont closes en Equateur depuis jeudi et les électeurs se déplacent aux urnes ce dimanche pour l’élection présidentielle anticipée. Marquée par l’assassinat d’un prétendant et avec en toile de fond une vague de violences sans précédent liée au narcotrafic en pleine expansion, la campagne électorale a été mouvementée. 20 Minutes fait le point pour vous.

Un candidat assassiné

Un assassinat a traumatisé le pays et bouleversé la campagne présidentielle. Le 9 août, le centriste Fernando Villavicencio, 59 ans, qui arrivait en deuxième position dans les sondages, a été abattu par un commando de tueurs à gages colombiens, alors qu’il quittait un rassemblement de campagne à Quito. Jamais auparavant le crime organisé n’avait osé s’attaquer à un homme politique d’un tel statut, encore moins dans la capitale, jusqu’à présent relativement épargnée par la violence endémique qui frappe la côte Pacifique, épicentre des exportations de cocaïne.

Les commanditaires du meurtre de Villavicencio restent à ce jour inconnus, mais l’ancien journaliste d’investigation et membre du Congrès avait récemment fait état de menaces à son encontre par un chef de gang actuellement emprisonné. Il avait également accusé des parlementaires du camp de l’ancien président Rafael Correa (2007-2017) de vouloir l’assassiner.

Tatouée ou ancien sniper, des candidats atypiques

Huit candidats se disputeront le vote des électeurs à la présidentielle anticipée de dimanche en Equateur. Les trois principaux sont hauts en couleur. Le journaliste d’investigation primé, Christian Zurita, remplace son ami Fernando Villavicencio, tombé sous les balles de tueurs à gages colombiens alors qu’il achevait son meeting à Quito. L’homme de 53 ans a été désigné in extremis par le mouvement politique Construye pour remplacer la victime. Il n’a de cesse de déclarer que le projet politique anticorruption de son ami décédé est « intact », et qu’il l’appliquera entièrement s’il est élu.

Première dans les sondages avant l’assassinat et unique femme de cette course au vote, Luisa Gonzalez est une avocate de 45 ans. Fan de tatouages, elle se présente avant tout comme la défenseuse de l’héritage de gauche de Rafael Correa, dont elle ne cache pas vouloir faire l’un de ses « conseillers » en cas de victoire.

« Rambo », « mercenaire français », « Bukele équatorien »… Jan Topic, ex-légionnaire français et entrepreneur à succès était jusque-là plutôt un outsider de l’élection. Il semble électoralement le principal bénéficiaire de la mort tragique de Villavicencio, les électeurs étant sensibles à son discours de fermeté contre les groupes criminels. Il assure être le seul candidat à avoir « le courage et la détermination d’agir » pour mettre au pas les organisations illégales.

Un référendum en parallèle

Convoqués aux urnes pour des élections générales, dont la présidentielle anticipée, les électeurs doivent se prononcer à cette occasion sur la suspension du « bloc 43 ». Réclamée par un groupe environnemental depuis dix ans, cette consultation nationale a finalement été autorisée en mai dernier par la plus haute juridiction du pays. Elle doit décider de l’avenir de ce gisement pétrolier appelé « bloc 43 », d’où sont extraits 12 % des 466.000 barils/jour produits dans le pays.

Le gouvernement, qui a tenté en vain de s’opposer à cette consultation, estime les pertes à 16,47 milliards de dollars sur 20 ans si le bloc était révoqué. L’exploitation du pétrole est un des piliers de l’économie équatorienne depuis les années 1970 et le pétrole brut génère environ 10 % du PIB. Située entre les provinces de Pastaza et d’Orellana, cette réserve de biosphère de 2,7 millions d’hectares qui comprend le parc national éponyme, capte le carbone, puis rejette de l’oxygène et de la vapeur d’eau, ce qui recharge les sources en eau. Elle abrite aussi les dernières communautés vivant en isolement volontaire en Equateur et fuyant la civilisation moderne.

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