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Grèce : Des citoyens protestent contre la privatisation des plages

tourismeLes autorités grecques ont récemment intensifié les contrôles sur les côtes du pays, bondés des vacanciers au pic de la saison touristique
La plage d'Alimos, au sud d'Athènes, en Grèce, le 26 juillet 2023.
La plage d'Alimos, au sud d'Athènes, en Grèce, le 26 juillet 2023. - Thanassis Stavrakis / AP/SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Les Grecs réclament l’accès à leurs plages. Souvent entravées par la prolifération de chaises longues et parasols, nombreuses sont devenues privées. Des citoyens se sont mobilisés pour réclamer « le libre accès » aux plages. Sous leur pression, les autorités grecques ont récemment intensifié les contrôles sur les côtes du pays, bondés des vacanciers au pic de la saison touristique.

Entamé à Paros, île cycladique en mer Egée où le secteur de l’immobilier est en plein développement, ce mouvement a rapidement pris de l’ampleur et contraint gouvernement et collectivités locales à multiplier l’inspection des autorisations des entreprises actives sur les plages. « La violation de la loi sur l’installation des entreprises au bord de la mer est récurrente mais cet été le problème s’est aggravé et grâce au mouvement citoyen, les contrôles ont été intensifiés », a affirmé à l’AFP Markos Koveos, maire de Paros, joint par téléphone.

Un espace libre égal à 50 % de la surface de la plage

Selon la loi grecque, les entreprises ou beach bars près des côtes, doivent laisser un espace libre égal à 50 % de la surface de la plage au minimum, pour garantir l’accès à la mer.

Une photo publiée sur les réseaux sociaux montrant le rassemblement de 250 citoyens fin juillet sur une plage de Paros brandissant une banderole avec l’inscription « Reclaim the beach » (se réapproprier les plages, N.D.L.R.) est devenue virale. Depuis, de nombreuses photos et vidéos montrant des plages envahies par des transats à des « prix souvent exorbitants », selon des utilisateurs des réseaux sociaux, ont envahi les réseaux sociaux.

« Free beaches » en tendance sur X

Le hashtag « kinima petsetas » (le mouvement de la serviette de plage, N.D.L.R.) ou « free beaches » (plages libres, N.D.L.R.) est devenue l’une de premières tendances sur Twitter, rebaptisé X. « On veut que les espaces publics, comme ceux au bord de la mer, soient libres, accessibles, gratuits et propres. Rien de moins », résume sur X le collectif des « Citoyens actifs ».

Des mobilisations sporadiques ont eu lieu ces dernières semaines sur les îles proches de Paros, Mykonos et Naxos, mais aussi en Crète (sud) et dans des stations balnéaires sur le continent de la Chalcidique (Nord) jusqu’aux plages de l’Attique, la région d’Athènes. La justice est également intervenue début août : la procureure de la cour suprême Georgia Adilini a demandé au parquet de Syros, chef-lieu des Cyclades, de contrôler « l’accès aux espaces communs » comme les côtes, sauvegardés par la constitution grecque.

Occupation « illégale » des plages

En cas de violation de la loi, les mairies doivent signaler le problème au ministère des Finances, l’instance compétente pour octroyer les autorisations aux entreprises des plages et infliger des amendes, rappelle Markos Kovaios. L’union des mairies en Grèce a récemment demandé au gouvernement le transfert de la totalité des compétences de contrôles sur les plages aux autorités locales pour que l’application de la loi soit plus efficace.

Selon la télévision publique Ert, trois responsables d’un beach bar à Laganas, plage touristique sur l’île de Zante en mer Ionienne (Ouest), ont été arrêtés récemment pour manque d’autorisation à installer des parasols.

La semaine dernière le ministère des Finances a multiplié les contrôles sur des îles cycladiques et trois responsables des entreprises touristiques à Naxos ont été arrêtés en flagrant délit pour occupation « illégale » des plages.

Une tournure politique

« Un guide pour les baigneurs indignés » a été publié ce week-end sur le site d’investigation Inside Story qualifiant de « paradoxe le fait que le citoyen joue le rôle de contrôleur des autorités » et non pas l’inverse.

A Paros, la controverse a pris une tournure politique en vue des élections locales d’octobre prochain en Grèce. Markos Koveos, qui brigue un troisième mandat, se demande « pourquoi ce mouvement a pris tant d’ampleur cet été » alors que les violations sur les plages datent « des décennies ».

De son côté, « le rassemblement populaire » de Paros, mouvement local de l’opposition, accuse la mairie d’avoir « sous-estimé au début le problème » et se félicite de « l’initiative des citoyens de Paros, qui s’est répandue à travers le pays » pour protéger le droit évident « au libre accès aux plages ».

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