20 Minutes : Actualités et infos en direct
racismeSix ex-policiers blancs admettent avoir torturé deux Afro-Américains

Etats-Unis : Six ex-policiers blancs admettent avoir torturé deux Afro-Américains

racismeCes anciens membres de « Brigade des voyous » de Jackson, dans le Mississippi, ont infligé des sévices physiques et sexuels à deux Américains noirs, allant jusqu’à tirer une balle dans la bouche d’une des victimes
Les familles de Michael Corey Jenkins et Damien Cameron lors de l'annonce des charges retenues contre six policiers blancs à Jackson, dans le Mississippi, le 3 août 2023.
Les familles de Michael Corey Jenkins et Damien Cameron lors de l'annonce des charges retenues contre six policiers blancs à Jackson, dans le Mississippi, le 3 août 2023. - Rogelio V. Solis/AP/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L’Amérique encore une fois face à ses démons. Six policiers blancs du Mississippi ont admis avoir torturé deux Afro-Américains pendant deux heures avec un godemiché, des tasers et une épée, allant jusqu’à tirer dans la bouche de l’une des victimes, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice.

Cette affaire est un « exemple horrible et frappant de mauvais comportement policier, qui n’a pas sa place dans notre société », a fustigé devant la presse la représentante du ministère Kristen Clarke, en dénonçant des actes « motivés par des préjugés raciaux et par la haine ».

Les six agents, dont certains ont reconnu appartenir à une équipe surnommée la « Brigade des voyous » et réputée pour sa brutalité, sont actuellement poursuivis par la justice et ne sont plus en exercice.

Appel de voisins

Les deux victimes se trouvaient dans cette maison appartenant à une amie, et des voisins ont contacté l’un des policiers, au prétexte de « comportements suspects ». L’agent a ensuite envoyé un SMS à des collègues de la brigade, leur demandant s’ils étaient disponibles pour « une mission ».

En janvier, les policiers sont entrés « sans mandat, ni justification » dans une maison de Braxton, une petite ville de cet Etat du sud des Etats-Unis, pour torturer les deux hommes noirs qui s’y trouvaient, selon un communiqué du ministère. Les policiers les ont menottés et les ont soumis à une séance de torture en proférant des « insultes raciales », a raconté Kristen Clarke.

Selon l’accusation, les agents ont agressé leurs deux victimes sexuellement avec un godemiché et leur ont infligé 17 décharges électriques avec leurs tasers. Ils les ont aussi humiliés en les forçant à avaler de l’alcool, de l’huile de cuisine, du lait et d’autres liquides. Selon Kristen Clarke, l’un des deux Afro-Américains a été frappé avec « une épée en métal, un morceau de bois, et un ustensile de cuisine en bois ».

Tir de pistolet dans la bouche

Ce calvaire, qui a duré environ deux heures, a culminé lorsque l’un des agents a mis son arme de service dans la bouche d’un des deux hommes. Pour l’effrayer, il a d’abord pressé la détente après avoir retiré une balle du chargeur. Lors d’une seconde tentative, la balle est en revanche partie et a traversé le cou de la victime, lui lacérant la langue et lui brisant la mâchoire.

Les policiers ont alors laissé leurs victimes dans une mare de sang pendant de longues minutes, pendant qu’ils se concertaient pour couvrir cette bavure. L’équipe a détruit la vidéosurveillance de la maison, l’une des douilles utilisées et a tenté de brûler les vêtements des victimes pour faire disparaître les preuves, selon l’accusation. Les agents ont également placé un pistolet à grenaille sur l’une des victimes et de la méthamphétamine sur les lieux pour prétexter un mobile d’intervention.

Ils ont ensuite rempli de faux rapports et ont menti de manière répétée aux enquêteurs. Cinq des prévenus étaient des agents du shérif du comté de Rankin, tandis que le sixième appartenait à la police de Richland.

Trois d’entre eux ont également plaidé coupable dans un autre cas de violence policière, remontant à décembre. D’après la justice, l’un des membres du trio a utilisé un taser sur un homme blanc et tiré près de sa tête pour lui soustraire des aveux, sans aucune intervention de la part des deux autres.

Sujets liés