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CHOOSE YOUR FIGHTERRon DeSantis, Mike Pence… Quel républicain peut faire vaciller Trump ?

Primaire républicaine 2024 : Ron DeSantis, Mike Pence, Chris Christie… Qui peut faire vaciller Donald Trump ?

CHOOSE YOUR FIGHTERA sept mois du premier scrutin de la primaire républicaine aux Etats-Unis, présentation des forces et des faiblesses des candidats qui espèrent défier Joe Biden
Donald Trump fait la course en tête dans la primaire républicaine devant Ron DeSantis, avec (de gauche à droite et de haut en bas) Chris Christie, Nikki Haley, Asa Hutchinson, Vivek Ramaswamy, Doug Burgum, Larry Elder, Tim Scott et Mike Pence qui espèrent créer la surprise.
Donald Trump fait la course en tête dans la primaire républicaine devant Ron DeSantis, avec (de gauche à droite et de haut en bas) Chris Christie, Nikki Haley, Asa Hutchinson, Vivek Ramaswamy, Doug Burgum, Larry Elder, Tim Scott et Mike Pence qui espèrent créer la surprise. - Sipa / Sipa/20 Minutes
Philippe Berry

Philippe Berry

L'essentiel

  • Aux Etats-Unis, une douzaine de candidats majeurs se sont officiellement lancés dans la primaire républicaine pour défier Joe Biden en novembre 2024.
  • Donald Trump fait largement la course en tête, à plus de 50 % dans les sondages, sans vaciller malgré ses ennuis judiciaires.
  • Ron DeSantis est son principal challenger, même si son début de campagne ratée permet à Mike Pence, Nikki Haley, Tim Scott ou Chris Christie d'espérer marquer des points lors du premier débat, le 23 août.

Un contre tous, et tous contre un. A près de sept mois du premier scrutin dans l’Iowa, la primaire républicaine est partie pour être aussi embouteillée qu’en 2016. Mais cette fois, les rôles sont inversés : Donald Trump, qui arrivait en outsider il y a huit ans, est aujourd’hui le grand favori, avec des soutiens indéfectibles de près de la moitié de l’électorat conservateur.

En face, Ron DeSantis avait brièvement talonné l’ancien président après les midterms de novembre 2022, mais le gouverneur de Floride peine à embrayer et se retrouve aujourd’hui décroché de près de 30 points. Derrière, tout reste ouvert. L’ex-vice-président Mike Pence, l’ancienne ambassadrice aux Nations unies Nikki Haley, le sénateur afro-américain Tim Scott et l’ex-gouverneur du New Jersey Chris Christie espèrent tous marquer des points lors du premier débat télé, le 23 août. Et, peut-être, profiter des ennuis judiciaires de Donald Trump.


• Donald Trump, le grand favori (52,1 % des intentions de vote*)

Donald Trump le 27 juin 2023.
Donald Trump le 27 juin 2023. - Steven Senne

Ses forces : Il semble intouchable dans les sondages, avec une base républicaine acquise à sa cause. Fort de son expérience télé, il se joue des médias comme personne, et l’a encore prouvé lors d'un débat sur CNN en mai, où la modératrice est restée impuissante.

Ses faiblesses : Il repousse les électeurs indépendant dans les « suburbs » des Etats les plus disputés, et il est cerné par les affaires judiciaires. Doublement inculpé au pénal, Donald Trump sera jugé en mars 2024 dans l’affaire Stormy Daniels, mais risque beaucoup plus gros dans celle des documents secrets de la Maison Blanche. Il pourrait également être inquiété par la justice de Géorgie pour ses actions après la présidentielle de 2020, ainsi que par la double enquête du procureur spécial Jack Smith sur l’assaut du Capitole et sur les efforts de la campagne de Trump pour renverser le verdict des urnes. De quoi, potentiellement, offrir des munitions à ses adversaires, même si une éventuelle condamnation à de la prison ne le rendrait pas inéligible – seul le Congrès dispose de ce pouvoir – ni forcément moins populaire dans l’électorat républicain.

• Ron DeSantis, le jeune challenger (21,5 %)

Ron DeSantis le 27 juin 2023.
Ron DeSantis le 27 juin 2023. - Josh Reynolds

Ses forces : Le gouverneur de Floride semble pour l’instant incarner la seule alternative à Donald Trump. Il a été réélu dans un fauteuil, notamment en surperformant dans l’électorat latino, tandis que de nombreux candidats MAGA complotistes ont été recalés lors des midterms. DeSantis est le candidat préféré de l’establishment républicain, qui juge Trump ingérable. A 44 ans, contre 77 pour Trump, il peut se présenter comme le candidat de l’avenir.

Ses faiblesses : Il manque cruellement de charisme et « bug » parfois comme un robot. Le lancement de sa campagne a connu des ratés sur Twitter, et s’il tente d’attaquer Donald Trump sur sa droite, il semble parfois aller trop loin, comme dans sa guerre contre Disney, largement critiquée par les républicains.

• Mike Pence, le revanchard (5,8 %)

Mike Pence le 24 juin 2023.
Mike Pence le 24 juin 2023. - Alejandro Alvarez

Ses forces : Pas besoin de le présenter, l’ancien vice-président est connu de tous les électeurs. En se déclarant candidat, Pence a attaqué frontalement l’ex-président sur l’assaut du Capitole, répétant que son ancien boss l’avait « mis en danger », lui et sa famille. En cas d’inculpation de Donald Trump sur ce dossier, Mike Pence est le candidat qui pourrait le plus en profiter.

Ses faiblesses : En refusant de bloquer la certification de l’élection de 2020, Pence s’est mis à dos la base trumpiste, ce qui explique son faible score dans les sondages. Et si son orthodoxie religieuse sur l’avortement et les enjeux LGBTQ+ sont un avantage pour la primaire, elle pourrait l’handicaper lors de l’élection dans les « swing states », cette demi-douzaine d'Etats à l'électorat varié où tout se joue.

• Nikki Haley, la diplomate pro-Ukraine (3,6 %)

Nikki Haley le 23 juin 2023.
Nikki Haley le 23 juin 2023. - Getty Images via AFP

Ses forces : A 51 ans, l’ancienne gouverneure de la Caroline du Sud dispose d’un CV bien garni, notamment à l’international grâce à ses deux ans comme ambassadrice aux Nations unies sous l’administration Trump. Fille d’immigrés indiens, elle est l’une des rares républicaines à défendre avec force le soutien à l’Ukraine. Elle bénéficie d’une cote de popularité correcte et ne repousse pas les indépendants centristes, une qualité importante face à Biden.

Ses faiblesses : En cherchant à ne braquer personne, elle donne parfois l’impression de naviguer à vue, notamment face à Donald Trump. Elle a tour à tour critiqué puis soutenu, avant de prendre ses distances après le Capitole, en assurant malgré tout qu’il était son « ami ».

• Tim Scott, le sénateur optimiste (3,5 %)

Tim Scott le 8 mai 2023.
Tim Scott le 8 mai 2023. - Charles Krupa/AP/SIPA

Ses forces : Seul sénateur afro-américain côté républicain, Tim Scott affiche un optimisme à toute épreuve, répétant à qui veut bien l’écouter que l’Amérique n’est « pas un pays raciste » mais une « terre d’opportunité », qui a permis à sa famille de passer « du coton au Congrès » en trois générations. Il n’a aucun ennemi, et personne ne semble vouloir se risquer à l’attaquer.

Ses faiblesses : Très populaire en Caroline du Sud, il souffre d’un manque de « name recognition » (notoriété) au niveau national. Ses efforts pour négocier un compromis avec le camp démocrate pour réformer la police sont restés lettre morte.

• Chris Christie, le bulldog (2,5 %)

Chris Christie le 23 juin 2023.
Chris Christie le 23 juin 2023. - CNP/NEWSCOM/SIPA

Ses forces : Cet ancien procureur peut faire mal dans les débats télé. En 2016, il avait détruit la campagne de Marco Rubio comme dans un épisode de la série The West Wing, en démontant les réponses préformatées de « 25 mots » du sénateur de Floride. Christie semble désormais avoir Donald Trump dans son viseur.

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• Ses faiblesses : L’ancien gouverneur du New Jersey traîne la casserole du « bridgegate », un scandale dans lequel il avait été soupçonné d’avoir provoqué des bouchons monstres en fermant les voies d’un pont pour pourrir un maire ennemi. Ses subordonnés avaient finalement joué les fusibles, mais sa réputation en avait pris un coup. Christie a également tendance à suivre le sens du vent : il s’était rallié à Donald Trump en 2016, jusqu’à devenir l’un de ses conseillers, avant de dénoncer ses actions lors de la présidentielle de 2020.

• Vivek Ramaswamy, l’entrepreneur anti-woke (2,1 %)

Vivek Ramaswamy le 23 juin 2023.
Vivek Ramaswamy le 23 juin 2023. - Getty Images via AFP

Ses forces : Il a 37 ans, il a fait fortune dans l’industrie pharmaceutique et vaut, selon Forbes, plus de 600 millions de dollars. Dans une primaire saturée, il a réussi à se démarquer avec des propositions extrêmes comme de supprimer les syndicats enseignants, remonter l’âge pour voter à 25 ans et interdire la discrimination positive.

Ses faiblesses : Comme Andrew Yang côté démocrate en 2020, Vivek Ramaswamy sait qu’il n’a aucune chance de remporter l’investiture. En attaquant DeSantis, il semble davantage être candidat à un poste dans une administration Trump qu’à la présidentielle.

• Asa Hutchinson, l’ex-gouverneur « Never Trumper » (<1 %)

Asa Hutchinson le 10juin 2023.
Asa Hutchinson le 10juin 2023. - John Bazemore/AP/SIPA

Ses forces : L’ancien gouverneur de l’Arkansas a été l’un des premiers à se lancer avec Donald Trump, assurant que le pays avait besoin d’une « nouvelle direction », avec un leader « qui fasse ressortir le meilleur de l’Amérique et pas le pire ».

Ses faiblesses : Déjà décroché, il fait partie de ces candidats en galère pour se qualifier pour le premier débat.

• Larry Elder, l’animateur provocateur (<1 %)

Larry Elder le 22 avril 2023.
Larry Elder le 22 avril 2023. - Charlie Neibergall/AP/SIPA

Ses forces : Animateur conservateur radio/télé pendant près de trente ans dans la région de Los Angeles, Elder est arrivé largement en tête parmi la quarantaine de candidats espérant déloger le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, lors du « recall » de 2021. Si le référendum a échoué, Larry Elder a montré un talent trumpien pour capter l’attention.

Ses faiblesses : Nettement moins connu dans le reste du pays, Il a pour l’instant du mal à exister et pourrait échouer à se qualifier pour le premier débat télé s’il ne franchit pas la barre des 40.000 donateurs.

• Doug Burgum, le gouverneur milliardaire (<1 %)

Doug Burgum  le 9 juin 2023
Doug Burgum le 9 juin 2023 - Charlie Neibergall/AP/SIPA

Ses forces : Il a vendu son entreprise Great Plains Software à Microsoft en 2001 pour plus d’un milliard de dollars. Cet entrepreneur s’est reconverti avec succès dans la politique, contribuant à moderniser le Dakota du Nord. Il est aujourd’hui l’un des gouverneurs américains les plus populaires.

Ses faiblesses : Avec une entrée tardive dans cette campagne, il part de très loin et n’a que huit semaines pour atteindre le seuil des 40.000 donateurs avant le débat du 23 août.


• Les autres candidats

Le maire de Miami Francis Suarez veut faire de l’ombre à Ron DeSantis, mais sa réponse « C’est quoi un Ouïghour ? », en pleine interview cette semaine, ne fait pas très sérieux. L’ancien agent de la CIA et représentant du Texas Will Hurd tente d’incarner une voix centriste, notamment sur l’immigration, mais il aura du mal à se faire entendre dans une primaire très à droite.

• Les candidats potentiels

Le Némésis de Donald Trump, Liz Cheney, a été battue dans la primaire républicaine dans le Wyoming l’été dernier, mais elle laisse la porte ouverte à une candidature à la présidentielle, potentiellement comme candidate indépendante. Féroce critique de Donald Trump, le gouverneur centriste du New Hampshire Chris Sununu a pour l’instant exclu de se présenter. Le gouverneur de Virginie Glenn Youngkin, qui a battu un poids lourd démocrate, semblait, lui, parti pour attendre son tour. Mais selon Politico, le début de campagne ratée de Ron DeSantis pourrait le pousser à tenter sa chance.

(*) moyenne des sondages de RealClearPolitics du mardi 27 juin 2023

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