L’ONU s’inquiète des « conséquences désastreuses » des drogues de synthèse dans le monde

alerte Selon l’ONU, plus de 296 millions de personnes ont consommé des drogues en 2021, ce qui représente une augmentation de 23 % en dix ans

20 Minutes avec agences
Le cannabis reste de loin la drogue la plus largement utilisée selon l’ONU. Illustration.
Le cannabis reste de loin la drogue la plus largement utilisée selon l’ONU. Illustration. — FRED SCHEIBER

L’ONU tire la sonnette d’alarme face à l’expansion des drogues de synthèse dans le monde. La « production peu coûteuse, rapide et facile » de ces drogues a profondément transformé de nombreux marchés dans le monde, a-t-elle averti dimanche, évoquant des « conséquences désastreuses ». Que ce soit sur la population ou sur l’environnement.

Le fentanyl, un opiacé de synthèse 50 fois plus puissant que l’héroïne, « a radicalement modifié la consommation des opioïdes en Amérique du Nord », écrit l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans un communiqué accompagnant la publication de son rapport annuel. En 2021, la majorité des morts par overdose dans cette région lui étaient imputables. Et la production de telles substances risque d’augmenter encore.

« Intensifier la lutte contre les trafiquants »

L’organisme basé à Vienne, en Autriche, met en garde contre l’impact de la guerre en Ukraine, « certains signes indiquant qu’elle pourrait déclencher une expansion du trafic de drogues de synthèse, du fait du savoir-faire existant et des importants marchés se développant dans la zone ». L’ONUDC évoque aussi la situation en Afghanistan, où la baisse attendue de la culture du pavot à opium du fait de son interdiction par le gouvernement taliban pourrait entraîner une réorientation vers la fabrication de méthamphétamine.

Le pays est déjà un des principaux producteurs de ce stimulant addictif, qui reste la « principale drogue de synthèse fabriquée illégalement dans le monde ». « Nous devons intensifier la lutte contre les trafiquants qui exploitent les conflits et les crises mondiales pour étendre la production de drogues, en particulier des substances synthétiques », a réagi Ghada Waly, directrice exécutive de l’ONUDC, citée dans le communiqué.

Déforestation illégale, trafic d’espèces sauvages

Le rapport s’alarme par ailleurs des conséquences sur l’environnement de l’économie de la drogue. Dans le bassin amazonien, la culture de coca, avec une « offre toujours record » et des « réseaux de plus en plus agiles », « aggrave les activités criminelles » comme la déforestation illégale et le trafic d’espèces sauvages.



Au niveau mondial, « plus de 296 millions de personnes ont consommé des drogues en 2021, soit une augmentation de 23 % en dix ans », le cannabis restant de loin la drogue la plus largement utilisée selon l’ONU. Encore plus inquiétant, le nombre de personnes souffrant de troubles liés à leur consommation a bondi de 45 % sur la même période. Or, une personne sur cinq seulement est prise en charge.