Royaume-Uni: les trois obstacles qui ralentissent les négociations

ELECTIONS Les Libs Dems, en position de force et intraitables sur certains points, négocient avec les Tories alors qu'ils ne sont pas proches idéologiquement, mais laissent la porte ouverte aux travaillistes...

B.D.

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Photomontage représentant Nick Clegg, David Cameron et Gordon Brown, les leaders des trois partis britanniques majoritaires, en lice pour les élections législatives du 6 mai 2010 au Royaume-Uni.
Photomontage représentant Nick Clegg, David Cameron et Gordon Brown, les leaders des trois partis britanniques majoritaires, en lice pour les élections législatives du 6 mai 2010 au Royaume-Uni. — DR / AFP PHOTO

Toujours rien. Près d’une semaine après les élections au Royaume-Uni, qui n'ont vu aucun parti remporter la majorité absolue, et malgré d’intenses négociations menées depuis samedi dernier, aucune coalition n’a encore été formée. 20minutes.fr vous explique pourquoi ça coince en trois points.

La chance historique des Libs Dems

Convoité de toutes parts, le leader des libéraux-démocrates, Nick Clegg, est en position de force. Son principal objectif: sortir son parti de l’ombre des deux grands, ce qui passe forcément par une refonte du fonctionnement du scrutin outre-Manche. Nick Clegg négocie donc son appui en échange de la mise en place de la représentation proportionnelle pour les prochaines élections. Il est donc prêt à laisser sa chance à tout le monde, pourvu que cette revendication soit acceptée.

Conservateurs et Libs Dems, pas franchement proches sur l’échiquier politique

Une coalition Tories - Libs Dems risque de s’avérer très difficile à obtenir et à tenir sur la distance, politiquement parlant. Les deux formations ont en effet des positions très différentes sur des thèmes cruciaux (immigration, défense, Europe). Même si le conservatisme prôné par David Cameron est plus «light» que celui de ses prédécesseurs, il ne rencontre pas franchement les idées de centre-gauche des Lib Dems, qui ont fait campagne sur le slogan d'une Grande-Bretagne «plus juste».

D’où des difficultés à trouver un accord pour former une coalition, sans compter le fait que tous les atouts ne sont pas seulement du côté des Libs Dems. Clegg est en position de «faiseur de roi», mais les Conservateurs ont toujours la possibilité de former un gouvernement minoritaire, sans l’aide des centristes. Cependant, les uns et les autres sont prêts à des ajustements, et se retrouvent lorsqu’il s’agit de mettre fin aux treize années de règne du Labour.

Brown, le trouble-fête

Lundi après-midi, les discussions entre Tories et Lib Dems semblaient proches d'un dénouement. Cependant, la sortie de Gordon Brown, qui a annoncé qu’il démissionnerait de la tête du Labour d’ici à l’automne, a redistribué les cartes. En effet, le départ de Brown était l'une des conditions préalables évoquées par Nick Clegg pendant la campagne pour toute participation de son parti à une coalition de gouvernement avec les travaillistes.

Avant même que les négociations entre conservateurs et libéraux-démocrates ne soient closes, le Labour a donc lancé des discussions «formelles» avec les Libs dems en vue d'une éventuelle alliance «LibLab». Beaucoup plus proches idéologiquement, les deux partis pourraient former une «majorité progressiste», en s’adjoignant les services de petits partis (nationalistes gallois et écossais, parti vert, partis nord-irlandais) pour passer de 315 sièges à la chambre des Communes, au 326 requis pour obtenir la majorité absolue.

Les «Lib Dems» pourraient ainsi obtenir la réforme électorale souhaitée sans passer par un référendum, et auraient une meilleure assurance de préserver les valeurs de solidarité et de justice sociale contenues dans leur programme électoral.