Colombie : Quatre enfants disparus dans la jungle, les recherches se poursuivent

accident Le président colombien avait d’abord annoncé mercredi le sauvetage des enfants, avant de se rétracter

20 Minutes avec AFP
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Des chiens renifleurs suivent la « piste » de quatre enfants disparus en Amazonie colombienne après un petit accident d'avion qui a tué trois adultes;
Des chiens renifleurs suivent la « piste » de quatre enfants disparus en Amazonie colombienne après un petit accident d'avion qui a tué trois adultes; — Handout / Colombian army

Une joie de courte durée. Mercredi, le président colombien Gustavo Petro a annoncé la découverte sains et saufs de quatre enfants, dont un bébé de onze mois, qui ont survécu seuls plus de quinze jours dans la jungle amazonienne après le crash début mai du petit avion dans lequel ils voyageaient avec leur mère, retrouvée morte tout comme les deux autres adultes à son bord.

Sauf que, ce jeudi, le président a supprimé son tweet et s’en est expliqué. « J’ai décidé de supprimer le tweet car les informations fournies (…) n’ont pas pu être confirmées. Je regrette ce qui s’est passé », a-t-il écrit sur Twitter, assurant que « les forces militaires et les communautés indigènes poursuivront leurs recherches sans relâche ». Lundi, l’avion a été retrouvé à la verticale le nez écrasé au sol dans une végétation dense, et celui de Guaviare, dans le sud de la Colombie

La mère des enfants est décédée

L’aéronef, un Cessna 206, avait disparu des radars le 1er mai dans les environs de San José del Guaviare, où il devait se rendre. Les causes de l’accident n’ont pas encore été déterminées. Selon la protection civile, le pilote avait signalé des problèmes de moteur avant que l’avion ne disparaisse des radars.

Les autorités ont d’abord annoncé la découverte de l’appareil lundi, avec à son bord le corps sans vie du pilote, mais sans trace à l’entour des six autres passagers. Puis mardi, ils ont annoncé la découverte du corps de la mère et d’une troisième personne. Selon les médias locaux, cette dernière était un dirigeant de la communauté indigène Uitoto à laquelle appartenaient les autres passagers. Manquaient les enfants, qui appartiennent à la même fratrie.

Des recherches sous la pluie

Beaucoup de zones d’ombre persistent le déroulement des événements après le crash. La jungle est très dense et dangereuse dans cette région particulièrement reculée. Les recherches étaient notamment rendues difficiles par la présence d’animaux sauvages, d’arbres pouvant mesurer jusqu’à 40 mètres de haut et de fortes pluies.

Mais mardi, les autorités ont annoncé avoir retrouvé des effets personnels, ainsi que des fruits en partie mangés. Et un biberon près de l’appareil. Les équipes de secours ont ensuite découvert un « abri de fortune fait de bâtons et de branches », entretenant l’espoir qu’il y aurait au moins un survivant. Sur des photos fournies à la presse, on peut voir des ciseaux et une étiquette de ce qui semblait être un bandeau pour les cheveux, de nouveaux indices ayant permis de guider les sauveteurs.

Trois hélicoptères pour les chercher

L’armée de l’air s’est jointe à l’opération de secours baptisée « Espoir » avec trois hélicoptères. A bord d’un de ces appareils, un haut-parleur « pouvant couvrir une zone d’environ 1.500 mètres » a diffusé un message enregistré par la grand-mère des enfants. Dans la langue Uitoto, la femme disait à ses petits-enfants qu’ils étaient recherchés et leur demandait de rester où ils se trouvaient, afin que les secours puissent les localiser.

Les autorités n’ont pas donné les raisons du déplacement aérien de la famille. Mais les habitants de cette région difficile d’accès, du fait de l’absence de routes notamment, sont souvent contraints de voyager à bord de petits avions. Selon l’Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC), les Uitoto vivent en « harmonie » dans la jungle et conservent des traditions telles que la chasse, la pêche et la cueillette de fruits sauvages.