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TUERIEAu Burkina, des hommes en tenue de l’armée tuent une soixantaine de civils

Burkina Faso : Des hommes en tenue de l’armée massacrent une soixantaine de civils

TUERIELes faits, rapportés dimanche, ont eu lieu jeudi dans le nord du pays
Un militaire au Burkina Faso, à Ouagadougou le 23 janvier 2022 (illustration).
Un militaire au Burkina Faso, à Ouagadougou le 23 janvier 2022 (illustration). - Sam Mednick/AP / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

La violence endeuille une nouvelle fois le Burkina Faso et encore une fois le bilan est terrible. Une soixantaine de civils d’un village du nord du pays ont été massacrés jeudi par des hommes en tenue de l’armée, a annoncé dimanche le procureur du tribunal de grande instance de Ouahigouya, Lamine Kaboré.

Il écrit dans un communiqué avoir été informé par la gendarmerie de la ville « que dans le village de Karma », situé dans la province du Yatenga, « une soixantaine de personnes auraient été tuées par des personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales ». « Des blessés ont été évacués et sont actuellement pris en charge au sein de nos structures de santé », ajoute-t-il, précisant que « les auteurs de ces faits auraient emporté divers biens ».

Un village qui attire de nombreux orpailleurs

Selon des habitants, des rescapés ont affirmé que « plus d’une centaine de personnes à bord de motocyclettes et de pick-up ont fait une descente jeudi dernier à Karma. Des dizaines d’hommes et de jeunes ont été exécutés par ces hommes vêtus de tenues militaires ». Ces survivants ont évoqué un bilan « avoisinant les 80 morts ». Ce village se trouve à une quarantaine de kilomètres de celui d’Aorema proche de la frontière malienne et attire de nombreux orpailleurs illégaux.

Le Burkina Faso, théâtre de deux coups d’Etat militaires en 2022, est pris depuis 2015 dans une spirale de violences djihadistes apparues au Mali et au Niger quelques années auparavant et qui s’est étendue au-delà de leurs frontières. Les violences ont fait depuis sept ans plus de 10.000 morts - civils et militaires - selon des ONG, et quelque deux millions de déplacés.

Un nouveau décret pour lutter contre les djihadistes

Le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un putsch en septembre 2022, a signé mercredi un décret de « mobilisation générale » d’une durée d’un an, permettant si besoin la réquisition des « jeunes de 18 ans et plus » pour aller lutter contre les djihadistes qui ensanglantent le pays.

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