Elections en Grande-Bretagne: mais que vont faire les «Lib Dems»?

POLITIQUE Ils ont reconnu la victoire des conservateurs même si les Travaillistes voudraient bien d’eux dans un gouvernement de coalition...

Corentin Chauvel

— 

L.MACGREGOR / REUTERS

Nick Clegg n’a pas tergiversé. Certes, son parti libéral-démocrate penche plutôt du côté du Labour de Gordon Brown, mais le constat est là: ce sont les conservateurs qui ont recueilli le plus de voix aux législatives britanniques de jeudi.

«Il revient maintenant au parti Conservateur» de gouverner

Même si la majorité absolue n’a pas été atteinte, Nick Clegg s’est incliné ce vendredi devant la victoire des Tories de David Cameron (36,1% des suffrages): «J'avais dit que le parti, quel qu'il soit, recueillant le plus de voix et de sièges, même s'il n'obtenait pas la majorité absolue, avait la priorité pour tenter de gouverner, soit seul, soit en s'alliant avec d'autres partis, et je garde cette position.»

«Je pense qu'il revient maintenant au parti conservateur de prouver qu'il est capable de tenter de gouverner dans l'intérêt général», a ajouté le chef des «Libs Dems», déçu du score obtenu par ses troupes (23% des suffrages).

Des déclarations étonnantes car, sans constitution écrite, la règle en vigueur voudrait que Gordon Brown, malgré sa défaite (29,1%), forme un nouveau gouvernement de coalition. Ce scénario permettrait ainsi aux «Lib Dems» d’obtenir des portefeuilles ministériels.

Une position logique

Contacté par 20minutes.fr, Fabio Liberti, chercheur à l’Iris, considère cette position logique: «Nick Clegg est arrivé avec un statut d’homme nouveau qu’il n’a pas envie d’éteindre avec de la politique politicienne.» D’après ce spécialiste des questions européennes, une «accolade mortelle avec Gordon Brown ferait perdre tout crédit» au leader des Lib Dems.

Sauf qu'avec les Tories en tête, ce sont eux qui ont le choix «de proposer un accord aux Lib Dems», et non l'inverse, selon Fabio Liberti. Et David Cameron s'est exécuté, se disant prêt ce vendredi à offrir un accord «large, ouvert et global» de partage du pouvoir au parti de Nick Clegg.

Malgré le grand écart entre leurs deux programmes, et surtout le refus net des conservateurs de réformer le mode de scrutin, David Cameron a assuré qu'il existait des zones de convergence dans le domaine des libertés civiles et de l'économie verte avec les Lib Dems: «Je pense que nous avons une base solide pour un gouvernement solide». Nick Clegg sera-t-il prêt à un tel sacrifice?