Grande-Bretagne: Quels scénarios possibles?

DECRYPTAGE Le scénario que la Grande-Bretagne redoutait est arrivé: aucun parti n’a obtenu la majorité des 326 sièges (sur 650). Il faudra donc composer des alliances, 20minutes.fr fait le tour des hypothèses possibles...

M.P.

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Photomontage représentant Nick Clegg, David Cameron et Gordon Brown, les leaders des trois partis britanniques majoritaires, en lice pour les élections législatives du 6 mai 2010 au Royaume-Uni.
Photomontage représentant Nick Clegg, David Cameron et Gordon Brown, les leaders des trois partis britanniques majoritaires, en lice pour les élections législatives du 6 mai 2010 au Royaume-Uni. — DR / AFP PHOTO

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Le Labour laisse la main

En cas de «hung parliament» (parlement suspendu), la règle, en l’absence de constitution écrite, est simple: la priorité pour former un gouvernement revient au Premier ministre en place, donc à Gordon Brown. Mais il a entendu Nick Clegg, le chef des «Libs Dems», estimer que les Tories devaient avoir la priorité pour la formation d'un gouvernement et a dit vendredi se plier à sa volonté. «Je comprends et je respecte totalement la position de Nick Clegg lorsqu'il exprime le souhait de prendre contact en premier lieu avec le chef du parti conservateur», a-t-il dit. Ajoutant être prêt à discuter avec les Libéraux-Démocrates en cas d'échec des discussions Tories-«Libs Dems».

Durant la campagne, il a fait savoir qu’un départ de Gordon Brown du Labour favoriserait grandement les discussions. David Miliband, ministre des Affaires étrangères, serait prêt à prendre la tête d’une grande coalition «Lib-Lab», d’après de nombreux analystes. Mais cette option prend l'eau puisque le patron des Libs-Dems a déclaré que les Tories avaient plus de légitimité pour former un gouvernement. D'autant plus qu'une alliance Libs-Dems-Labour ne suffirait pas pour obtenir la majorité puisque le parti de Nick Clegg a obtenu moins de sièges que prévu.  Théoriquement, Brown a jusqu'au 18 mai, date à laquelle le nouveau parlement siègera, pour trouver une solution. Dans les faits, il devrait passer la main avant, certainement à David Cameron.

Les Tories attendent leur heure

Ils n’ont pas la majorité mais ils ont le plus de sièges au Parlement, 268 selon les projections. Si David Cameron laisse à Gordon Brown la possibilité d’essayer de monter un gouvernement, le Tories fait valoir ses droits à gouverner la Grande-Bretagne. «Le Parti travailliste a perdu son mandat pour gouverner notre pays», a clamé le patron des Conservateurs, après son élection dans la circonscription de Witney. Des négociations pourraient s’ébaucher avec les «Libs-Dems», qui ont d'ailleurs fait un appel du pied remarqué aux Conservateurs.  David Cameron pourrait également tenter une alliance avec les petites formations nationalistes d’Irlande du Nord, d’Ecosse et du Pays de Galles.

Les «Libs Dems» à la croisée des chemins

Ils restent en position de force mais ne sont plus forcément les faiseurs de roi annoncés. Leur appui ne permettrait pas, par exemple, au Labour de former un gouvernement.  Si, avec d'autres formation, les Libs-Dems y parvenaient, ils pourraient mettre fin au bipartisme qu’ils fustigent. Le parti du Premier ministre s’est en effet dit favorable à une réforme du mode de scrutin avec l’introduction de proportionnelle, comme souhaité par Nick Clegg. Seulement, le chef des Libéraux-Démocrates s'est plutôt positionné en faveur des Tories qui, ayant récolté le plus de voix, doivent avoir la priorité pour former le gouvernement.