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DiplomatiePékin hausse le ton après la rencontre entre McCarthy et la présidente Tsai

Etats-Unis : Le Speaker de la Chambre Kevin McCarthy rencontre la présidente taïwanaise, Pékin hausse le ton

DiplomatieSelon Taipei, la Chine a réagi en envoyant tôt ce jeudi trois navires de guerre et un hélicoptère anti-sous-marin près de l’île
Le Speaker de la Chambre Kevin McCarthy a accueilli la présidente de Taïwan Tsai Ing-wen en Californie le 5 avril 2023.
Le Speaker de la Chambre Kevin McCarthy a accueilli la présidente de Taïwan Tsai Ing-wen en Californie le 5 avril 2023. - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Nous ne sommes pas isolés » : la présidente taïwanaise Tsai Ing-Wen a salué mercredi la présence d’une grande délégation du Congrès américain lors de son déplacement en Californie, preuve selon elle du soutien « indéfectible » de Washington face à Pékin.

La dirigeante de 66 ans a rencontré le républicain Kevin McCarthy, président de la Chambre américaine des représentants, en dépit des menaces de rétorsion répétées de la Chine ces dernières semaines.

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« En réponse aux actes de collusion gravement erronés entre les Etats-Unis et Taïwan, la Chine prendra des mesures déterminées et efficaces pour sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale », a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères. Et Pékin n’a pas tardé à exécuter ses menaces. Taïwan a en effet annoncé avoir détecté ce jeudi à « 06 heures » du matin trois navires de guerre et un hélicoptère anti-sous-marin chinois près de l’île.

Pékin avait déjà lancé des manœuvres militaires sans précédent autour de Taïwan en août dernier, lorsque la démocrate Nancy Pelosi, prédécesseur de McCarthy au perchoir, s’était rendue à Taïwan. Cette fois-ci, la Chine a reproché aux Etats-Unis de « jouer avec le feu ».

Ton prudent côté américain

Dans ce contexte, McCarthy a adopté un ton prudent. Il a assuré que la relation entre Taïpei et Washington était « plus forte » qu’elle ne l’a jamais été « au cours de sa vie ». L’élu de Californie était entouré d’un grand groupe de parlementaires, républicains comme démocrates, à la bibliothèque présidentielle Ronald Reagan de Simi Valley, près de Los Angeles.

« Leur présence et leur soutien indéfectible rassurent le peuple taïwanais : nous ne sommes pas isolés, nous ne sommes pas seuls », a applaudi la présidente taïwanaise, issue d’un parti qui milite traditionnellement pour l’indépendance - une ligne rouge absolue pour Pékin. La Chine considère en effet que Taïwan est une de ses provinces à reprendre, en privilégiant une « réunification pacifique », mais sans exclure d’employer la force. Au nom de son principe d'« une seule Chine », aucun pays n’est censé entretenir de liens officiels avec Pékin et Taipei en même temps.

Seuls 13 Etats reconnaissent encore Taïwan, dont le Belize et le Guatemala, pays d’Amérique latine que Tsai a visités lors de sa tournée pour cimenter la relation avec ses rares alliés officiels, après une première étape à New York.

« Ambiguïté stratégique »

Mais les Etats-Unis entretiennent de longue date une « ambiguïté stratégique » sur la question taïwanaise. Washington reconnaît Pékin depuis 1979, mais reste l’allié le plus puissant de Taïwan ainsi que son principal fournisseur d’armes. Le soutien à l’île est d'ailleurs l’un des rares points de consensus entre les deux partis au Congrès américain. Sous le mandat de Tsai Ing-wen, Taïwan s’est rapproché des Etats-Unis. Un état de fait que McCarthy s’est employé à rappeler à grand renfort de symboles devant une ancienne version de l’avion présidentiel Air Force One de Ronald Reagan. Le nouveau président de la Chambre des représentants, qui souhaitait initialement se rendre à Taïwan, n’a par contre fait aucune référence directe à la Chine ou à son président Xi Jinping. De quoi contraster avec l’attitude frontale de Pelosi lorsqu’elle occupait le poste.

L’administration Biden a également minoré l’importance de cette rencontre. Mercredi, le chef de la diplomatie Antony Blinken a souligné qu’il ne s’agissait que d’un « transit » de la dirigeante taïwanaise sur le territoire américain et non d’une visite officielle. Il a appelé Pékin à ne pas se servir de l’entretien comme « excuse » pour « faire monter les tensions ».

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