Nuage de cendres: des vols transatlantiques déroutés

ISLANDE Eyjafjöll refait parler de lui...

C.C. avec agence

— 

HO NEW / REUTERS

DERNIERE INFORMATION: Une concentration potentiellement dangereuse de cendres au-dessus de l'Atlantique nord oblige à dévier la trajectoire de certains vols transatlantiques vers le sud, a annoncé Eurocontrol.

Cet article est actualisé régulièrement, cliquez ici pour rafraîchir

Un calme relatif. Si l'activité du volcan islandais Eyjafjöll s'est stabilisée ces dernières 12 heures après un regain d'activité jeudi soir, le nuage de cendres qui s'en échappe vers le sud-ouest de l'Europe oblige à dévier la trajectoire de certains vols transatlantiques vers le sud, a annoncé ce vendredi Eurocontrol. Un déroutage qui pourra entraîner certains retards selon l'agence européenne de sûreté aérienne.

Le nuage passe au large des côtes françaises

«Là maintenant, nous sommes très loin des quantités de cendres émises dans les premiers jours de l'éruption (...) Cependant, lorsqu'il y a plus d'activité explosive, la cendre devient plus fine et si l'activité augmente, cela pourrait poser des problèmes à l'espace aérien européen», avait expliqué plus tôt le géologue islandais Björn Oddsson.

Et ses cendres sont passées au large des côtes ouest de la France ce vendredi, selon Météo France, pour atteindre l'espace aérien portugais. Cependant, la faible densité du nuage n'affecte pas le trafic pour autant, selon les autorités portugaises. En revanche, selon celles-ci, un autre nuage de cendres, plus élevé et de densité supérieure, est attendu dans l'espace aérien portugais avant la fin de la journée, notamment au nord de Lisbonne, «créant une zone dangereuse pour les vols».

Une activité «sensiblement égale à celle du premier épisode»

«Le panache s'étend et descend le long de l'Atlantique, avec une composante sud», a indiqué Roxane Désiré, prévisionniste, soulignant que l'activité du volcan était «sensiblement égale à celle du premier épisode» à la mi-avril.

Pour le week-end, «la situation météorologique va rester favorable au maintien du panache sur l'Atlantique, et donc pas sur la France, mais on va surveiller sa progression vers le sud», a-t-elle indiqué. En effet, l'extrémité sud du panache, au large du nord de l'Espagne et du sud de la France, «pourrait être reprise dans des vents du sud-ouest, donc revenir sur la France».

«Aucun signe de fin d'éruption»

«L'éruption est redevenue explosive, la lave a cessé de s'écouler et la plupart du magma est projeté dans tous les sens en raison des explosions dans le cratère», selon un rapport de l'Office météorologique islandais et de l'Institut islandais des sciences de la Terre paru jeudi.

«Le panache de cendres s'élève haut au-dessus du cratère (4.000 à 7.000 mètres) et des retombées de cendres considérables sont à attendre sous la direction du vent», poursuit le rapport. «Il n'y a aucun signe de fin d'éruption», conclut-il.

«Il ne faut pas tout dramatiser»

Ces retombées considérables, «elles ne concernent que l'Islande pour le moment», rassure Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue et auteur de «Volcanologue: De la passion à la vocation» (Vuibert), contacté par 20minutes.fr. 

«Il ne faut pas tout dramatiser, c'est une éruption normale, avec ses hauts et ses bas», ajoute-t-il. «La météo est rassurante, le reste de l'Europe n'a rien à craindre

Aucun signe de fin d’éruption

L'Eyjafjöll est entré en éruption le 14 avril, crachant un nuage de cendres qui a paralysé le trafic aérien pendant près d'une semaine. L'émission de cendres avait ensuite diminué et les vents avaient permis la réouverture des aéroports et la reprise des vols en Europe.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, l'Irlande a de nouveau imposé une fermeture partielle de son espace aérien, pour la troisième fois en trois jours, mais, les autorités aériennes ont autorisé la réouverture des aéroports de l'ouest du pays, jugeant que le nouveau nuage de cendres restait encore suffisamment lointain. Cependant, l'espace aérien des îles Féroé, territoire danois dans l'Atlantique Nord, restera lui fermé jusqu'à samedi.