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enquêteAprès les séismes en Turquie, l’attitude des forces de l’ordre en question

Séisme en Turquie : Les forces de l’ordre commettent des abus dans la zone détruite, selon Amnesty International

enquêteSelon les informations de l’ONG, une personne serait morte en détention après avoir été torturée
Les séismes ont fait plus de 40.000 victimes.
Les séismes ont fait plus de 40.000 victimes.  - Rebecca-Alexie Langard / Sipa
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Des forces de l’ordre déployées dans la région de Turquie dévastée par les tremblements de terre du 6 février, ont frappé, torturé et soumis à d’autres formes de mauvais traitements des personnes qu’ils soupçonnaient de vol et de pillage, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch mercredi 5 avril. Une personne est morte en détention après avoir été torturée.

Dans plusieurs cas, ces policiers, gendarmes ou militaires ne sont pas intervenus afin d’empêcher des individus d’agresser violemment d’autres personnes qu’ils soupçonnaient, semble-t-il, de crimes.

« On vous tuera et on vous enterrera sous les décombres »

Amnesty International et Human Rights Watch ont recueilli les propos de 34 personnes et, lorsque cela était possible, examiné des séquences vidéo se rapportant à 13 cas de violences perpétrées par des policiers, des gendarmes – dans les zones rurales – ou des soldats déployés dans la zone, qui concernent 34 hommes victimes.

Des chercheurs et chercheuses ont recueilli d’autres témoignages et visionné des vidéos montrant d’autres personnes se faire rouer de coups par les forces de sécurité, mais n’ont pas été en mesure de pleinement confirmer ces événements. Les personnes interviewées incluent 12 victimes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements, deux personnes menacées d’une arme par des gendarmes, ainsi que des témoins et des avocats.

Un Turc a déclaré qu’un gendarme l’a menacé, lui disant : « Il y a un état d’urgence, on vous tuera […] On vous tuera et on vous enterrera sous les décombres. » Un Syrien a déclaré qu’un commissaire, à qui il avait signalé qu’un policier lui avait donné un coup de poing au visage, lui a dit : « C’est l’état d’urgence ici. Même si ce policier vous tue, il n’aura pas de comptes à rendre. Personne ne pourrait rien lui dire. »

Des victimes « forcées » à avouer des crimes

Le 17 mars, Amnesty International et Human Rights Watch ont écrit aux ministres turcs de l’Intérieur et de la Justice. Les deux ministères ont déclaré que le gouvernement turc applique des règles de tolérance zéro face aux actes de torture, et que les conclusions d’Amnesty International et de Human Rights Watch étaient « de vagues affirmations dénuées de bases factuelles ».

La plupart des victimes ont dit avoir été appréhendées par des groupes de policiers, de gendarmes ou de soldats alors qu’elles prenaient part à des opérations de recherche et de sauvetage dans des bâtiments détruits par les secousses, ou qu’elles traversaient certains quartiers d’Antakya.

Dans la majorité des cas, les victimes n’ont pas été placées en détention officielle, mais ont immédiatement été frappées ou forcées à se coucher au sol ou à s’agenouiller, parfois menottées, tandis qu’on les rouait de coups de pied, les giflait et les insultait de manière prolongée. Certaines ont été forcées à « avouer » des crimes. Seuls deux cas ont donné lieu à une enquête contre les victimes pour de prétendues infractions, ce qui fait sérieusement douter qu’elles aient réellement été soupçonnées d’avoir agi illégalement.

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