Vol AF447 Rio-Paris: les boîtes noires localisées, le mystère ne sera pas pour autant résolu

CRASH 20minutes.fr vous explique pourquoi...

Oriane Raffin
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Les boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris ont été localisées, jeudi 6 mai, dans un périmètre de 5km.
Les boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris ont été localisées, jeudi 6 mai, dans un périmètre de 5km. — IDE

Cela fait un peu moins d’un an que l’Airbus d’Air France censé relié Rio à Paris, le 1er juin 2009, a disparu dans l’Atlantique sans qu’on connaisse les causes exactes du crash. Les spécialistes de la Marine nationale française ont enfin annoncé ce jeudi avoir localisé les fameuses boîtes noires. Ils «ont pu déterminer une zone avec une incertitude de trois milles nautiques», soit cinq kilomètres de rayon, a déclaré le général Christian Baptiste, porte-parole adjoint du ministère de la Défense. Un espoir de savoir enfin ce qu’il s’est passé? Pas sûr.

Il va déjà falloir retrouver les boîtes noires

  «Les localiser, ça ne veut pas dire qu’on va les retrouver, explique Gérard Feldzer, directeur du Musée de l’air du Bourget et ancien commandant de bord. Il reste encore beaucoup de travail, et elles peuvent être dissimulées dans des crevasses». La zone en question est très accidentée.

>> Retrouvez notre chronologie du crash

D’autant que les boîtes noires n’émettent plus. Elles ont été localisées grâce à l’étude d’enregistrements préalables faits dans les semaines qui ont suivi le crash. Il ne sera donc pas possible d’affiner les recherches sur place.

«Cela revient à rechercher une boîte à chaussures dans une zone de la taille de Paris, par 3.000 mètres de fond et sur un terrain aussi accidenté que les Alpes», a noté le porte-parole de la Marine nationale, Hugues du Plessis d'Argentré.

Les données devraient être intactes

  En revanche, si les boîtes noires sont retrouvées, les données devraient être intactes. «Les informations sont numérisées, a priori, ça résiste au temps, un peu comme un DVD», explique Gérard Feldzer.

Ces enregistreurs,  introduits dans l'aviation à partir des années 1960, se trouvent à  l'intérieur de boîtes  métalliques particulièrement solides, conçues pour résister à des chocs  extrêmement violents, à des feux intenses et à de longues immersions en  eau profonde.

Au BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses), on s’appuie sur plusieurs exemples d’avions abîmés en mer et dont les boîtes noires, retrouvées après plusieurs semaines, voire près de neuf mois d'immersion, ont pu être décryptées.

Le mystère pourrait être levé... ou pas
 

Les boîtes noires ou enregistreurs de vol contiennent les informations techniques et les dernières conversations de l'équipage dans le cockpit. Une fois ces données analysées, «ça va éclairer beaucoup les conditions du crash», estime Gérard Feldzer. «On va pouvoir peut-être remettre en cause des intervenants, notamment sur la conception ou la maintenance et en dédouaner d’autres».

Néanmoins, s’il affirme que «ça va permettre d’avancer», rien n’affirme qu’on découvre la vérité sur le crash de l’AF447.  

Le BEA a estimé jusqu'à présent que le dysfonctionnement des sondes de vitesse de l'appareil était «l'un des facteurs» du crash.