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ACCIDENTCinq jours après l’accident de train en Grèce, le chef de gare inculpé

Catastrophe ferroviaire en Grèce : Le chef de gare placé en détention

ACCIDENTL’homme, âgé de 59 ans, a reconnu sa responsabilité. Il a été inculpé pour sa responsabilité présumée dans « la mort d’un grand nombre de personnes »
Une grue, des pompiers et des sauveteurs opèrent après une collision de deux trains à Tempe près de la ville de Larissa, en Grèce, le mercredi 1er mars 2023.
Une grue, des pompiers et des sauveteurs opèrent après une collision de deux trains à Tempe près de la ville de Larissa, en Grèce, le mercredi 1er mars 2023. - VAGGELIS KOUSIORAS/AP/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Il a reconnu sa responsabilité. Cinq jours après la catastrophe ferroviaire qui a fait 57 morts en Grèce, le chef de gare mis en cause pour avoir commis une erreur fatale a été inculpé pour sa responsabilité présumée dans « la mort d’un grand nombre de personnes ». Ce crime est passible d’une peine allant de dix ans de prison à la perpétuité, selon le Code pénal grec. Il a été placé en détention provisoire.

Vassilis Samaras, 59 ans, dont l’identité a été révélée par le ministère des Transports, a reconnu sa responsabilité dans la collision frontale entre un train de passagers et un convoi de fret, qui se sont retrouvés sur la même voie. Mais les manifestants, dimanche à Athènes, réclamaient que soient recherchées les responsabilités dans l’état présumé de vétusté des équipements ferroviaires, qui a laissé le destin des passagers entre les mains d’un chef de gare inexpérimenté.

« Ce n’était pas une erreur humaine ! »

« A bas les gouvernements assassins ! », « Ce n’était pas une erreur humaine ! », lisait-on sur les banderoles brandies par les quelque 12.000 personnes qui criaient leur colère sur la place Syntagma, la grande esplanade devant le Parlement de la capitale grecque. Les manifestants ont lâché des centaines de ballons noirs pour rendre hommage aux victimes.

Ce drame a suscité une immense colère face aux négligences et aux lacunes dans les chemins de fer. Et le rassemblement athénien, le quatrième depuis l’accident, a dégénéré en violents incidents. Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et la police a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.

Manque d’expérience

« Rien ne va dans ce pays, les hôpitaux sont à l’agonie, les écoles ferment, les forêts brûlent… Ils se moquent de qui ? », a renchéri Nikos Tsikalakis, président d’un syndicat des chemins de fer. La plupart des victimes étaient des jeunes et des étudiants rentrant à Thessalonique, la grande ville universitaire, après un week-end prolongé. Dimanche matin, avant une cérémonie religieuse à la cathédrale orthodoxe d’Athènes, le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis a demandé pardon aux familles des victimes dans une adresse solennelle. « Dans la Grèce de 2023, il n’est pas possible que deux trains circulent en sens inverse sur une même ligne et que personne ne le remarque », a-t-il déclaré. Et d’insister : « Nous ne pouvons pas, ne voulons pas et ne devons pas nous cacher derrière l’erreur humaine » imputée au chef de gare.



Le manque d’expérience du chef de gare est en effet dénoncé depuis le lendemain du drame. Selon les médias grecs, il n’avait reçu qu’une courte formation avant de se retrouver seul, au poste de chef de gare, alors que le trafic sur cette ligne était intense en raison d’un week-end prolongé. Selon une source judiciaire, l’enquête vise aussi « à engager des poursuites pénales, si nécessaire, contre des membres de la direction de l’entreprise » Hellenic Train, les chemins de fer grecs.

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