20 Minutes : Actualités et infos en direct
« Assassins »Après la catastrophe ferroviaire, la violence dans les manifs à Athènes

Accident ferroviaire en Grèce : La colère dégénère en violences en marge d’une manifestation

« Assassins »Le chef de gare mis en cause pour avoir commis une erreur fatale est entendu par la justice en vue de son éventuelle inculpation pour « homicide involontaire par négligence »
Des manifestants affrontent les forces de police anti-émeute grecques le 5 mars 2023, alors que des manifestations parallèles ont lieu, à la suite de l'accident mortel près de la ville de Larissa.
Des manifestants affrontent les forces de police anti-émeute grecques le 5 mars 2023, alors que des manifestations parallèles ont lieu, à la suite de l'accident mortel près de la ville de Larissa. - SPYROS BAKALIS  / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Des heurts violents ont opposé dimanche policiers et manifestants à Athènes en marge d’une manifestation après la catastrophe ferroviaire qui a suscité une vague d’indignation dans tout le pays malgré le mea culpa du Premier ministre. Les manifestants ont lâché des centaines de ballons noirs pour rendre hommage aux 57 morts de la collision d’un train reliant Athènes à Thessalonique, dans le Nord, et d’un convoi de marchandises.

La plupart des victimes étaient des jeunes et des étudiants rentrant à Thessalonique, la grande ville universitaire, après un weekend prolongé. Et ce drame a suscité une immense colère face aux négligences et lacunes dans les chemins de fer. Et le rassemblement athénien, le quatrième depuis l’accident, a dégénéré en violents incidents.

Cocktails Molotov et gaz lacrymogènes

Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et la police a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. « Nous ressentons une rage immense !, a résumé dans le cortège Michalis Hasiotis, président du syndicat des experts-comptables. L’appât du gain, le manque de mesures prises pour la protection des passagers a conduit à la pire tragédie ferroviaire dans notre pays. » « Rien ne va dans ce pays, les hôpitaux sont à l’agonie, les écoles ferment, les forêts brûlent… Ils se moquent de qui ? », a renchéri Nikos Tsikalakis président d’un syndicat des chemins de fer.

La colère est avant tout dirigée contre Hellenic Train. Achetée en 2017 par le groupe public italien Ferrovie Dello Stato Italiane (FS) dans le cadre du programme de privatisations exigé par les créanciers de la Grèce pendant la crise économique (2009-2018), l’entreprise est mise en cause pour de nombreuses négligences. Et les représentants syndicaux des chemins de fer avaient tiré la sonnette d’alarme il y a à peine trois semaines, avertissant : « Nous n’allons pas attendre l’accident qui arrivera pour voir les responsables verser des larmes de crocodile. »

« A bas les gouvernements assassins ! »

Le mot « Assassins » a été peint en lettres rouges sur la vitre du siège de Hellenic Train à Athènes, vendredi. Les chemins de fer grecs se sont, eux, défendus samedi soir, assurant avoir « été présente dès les premiers instants sur les lieux » et mis en place « un centre d’appels (…) pour fournir des informations ».

A Larissa, la ville la plus proche des lieux de cet accident, le chef de gare mis en cause pour avoir commis une erreur fatale, était entendu dimanche par la justice en vue de son éventuelle inculpation pour « homicide involontaire par négligence ». L’homme de 59 ans, dont l’identité, Vassilis Samaras, a été révélée par le ministère des Transports, a reconnu sa responsabilité dans la collision frontale entre deux trains qui a fait 57 morts.



Au moment de son audition devant un juge d’instruction, quelque 12.000 personnes criaient leur colère sur la place Syntagma, la grande esplanade devant le Parlement de la capitale grecque, brandissant des pancartes et des banderoles : « A bas les gouvernements assassins ! », « ce n’était pas une erreur humaine ! ».

Le manque d’expérience du chef de gare est en effet dénoncé depuis le lendemain du drame. Selon les médias grecs, il n’avait reçu qu’une courte formation avant de se retrouver seul, au poste de chef de gare, alors que le trafic sur cette ligne était intense en raison d’un week-end prolongé. Selon une source judiciaire, l’enquête vise aussi « à engager des poursuites pénales, si nécessaires, contre des membres de la direction » de Hellenic Train.

Sujets liés