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ACCIDENTManifestations et grève du réseau ferré après la collision de trains en Grèce

Accident ferroviaire en Grèce : Manifestations et grève du réseau ferré après la collision des deux trains

ACCIDENTLes trains n’ont pas circulé jeudi après un appel à la grève de la Confédération regroupant les syndicats de cheminots
Les secours face à l'accident de train en Grèce le 28 février 2023.
Les secours face à l'accident de train en Grèce le 28 février 2023. - AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le trafic ferroviaire a été paralysé par une grève jeudi en Grèce où les manifestations de colère se multiplient deux jours après la collision frontale meurtrière entre deux trains, malgré le mea culpa du gouvernement qui a reconnu des défaillances « chroniques » dans les chemins de fer.

« Ce n’est pas une erreur mais un crime », écrivait en Une le Journal des rédacteurs (gauche), résumant le choc et surtout la fureur qui prévalent dans la population, tandis que le chef de gare avouait devant la justice, après son arrestation mercredi, avoir fait une « erreur ».

Les trains ont en effet circulé plusieurs kilomètres sur la même voie reliant Athènes à Thessalonique (nord), les deux plus grandes villes grecques, avant de se heurter de plein fouet mardi peu avant minuit, causant la mort d’au moins 57 personnes, selon la police.

« Depuis l’an 2000 les systèmes ne fonctionnent pas »

« Les morts de Tempé réclament des réponses », titrait quant à lui le libéral Kathimerini, faisant allusion à l’endroit, près de la ville de Larissa (centre), où s’est produite la catastrophe.

Parallèlement, les trains n’ont pas circulé jeudi après un appel à la grève de la Confédération regroupant les syndicats de cheminots pour dénoncer « le manque de respect dont ont fait preuve les gouvernements au fil du temps envers les chemins de fer grecs, ce qui a conduit » à cette catastrophe. Le mouvement a été reconduit pour la journée de vendredi.



« Malheureusement, nos demandes constantes de recrutement de personnel permanent, de meilleure formation mais surtout d’adoption des technologies de sécurité modernes ont toutes été définitivement jetées à la poubelle », ont déploré ces organisations. Le président du syndicat des conducteurs de train OSE, Kostas Genidounias, a mis en exergue le manque de sécurité sur la ligne où est survenue la collision. « Toute (la signalisation) est faite manuellement. C’est depuis l’an 2000 que les systèmes ne fonctionnent pas », s’est-il emporté.

Les représentants syndicaux de la compagnie des chemins de fer Hellenic Train avaient à cet égard tiré la sonnette d’alarme il y a trois semaines. « Nous n’allons pas attendre l’accident qui arrivera pour voir les responsables verser des larmes de crocodile », avaient-ils mis en garde.

« La privatisation tue »

Dans la soirée, après un premier rassemblement houleux la veille, des centaines de personnes protestaient devant le siège à Athènes d’Hellenic Train, une entreprise achetée en 2017 par le groupe public italien Ferrovie Dello Stato Italiane (FS) dans le cadre du programme de privatisations exigé par les créanciers de la Grèce pendant la crise économique (2009-2018).

Des habitants de Larissa ont eux aussi manifesté, portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « La privatisation tue. » Jeudi soir, quelque 2.000 manifestants se sont rassemblés à Thessalonique. La manifestation a donné lieu à des jets de pierre et de cocktails Molotov mais « le calme est désormais revenu », a précisé un porte-parole de la police.

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