Séisme en Turquie : Des supporters de foot appellent à la démission du gouvernement
CONTESTATION•Depuis le séisme du 6 février qui a fait plus de 44.000 morts en Turquie, le gouvernement est vivement critiqué pour son manque de réaction20 Minutes avec AFP
«Gouvernement, démission ! », ont scandé dimanche soir des milliers de supporters de l’équipe stambouliote de Besiktas dans le stade Inonu à l’occasion de la rencontre de championnat contre Antalyaspor, près de trois semaines après le séisme dévastateur dans le sud-est de la Turquie.
Ces supporters du Besiktas ont également lancé des peluches sur la pelouse en hommage aux enfants victimes du tremblement de terre du 6 février qui a fait plus de 44.000 morts en Turquie et touché aussi la Syrie voisine.
Le gouvernement ciblé pour son manque de réaction
La veille, des supporters de Fenerbahçe avaient déjà chanté « Mensonges, tricheries, ça fait 20 ans, démission ! » lors d’une rencontre contre Konyaspor.
Depuis le séisme d’une magnitude de 7,8, le gouvernement turc est vivement critiqué par l’opposition et des médias indépendants pour son manque de réaction durant les premiers jours dans des zones dévastées.
A l’approche des élections présidentielle et législatives prévues le 14 mai, la popularité du président turc Recep Tayyip Erdogan, déjà entamée par la crise économique, en pâtit encore un peu plus.
Tentant de faire taire les critiques, Ankara a temporairement bloqué l’accès à Twitter le 8 février. Le Haut conseil turc de l’audiovisuel (RTUK) a également sanctionné trois chaînes de télévision ayant critiqué le gouvernement.
« Des voix trouvent une faille et s’élèvent »
« Le séisme ne détruit pas seulement les maisons, mais aussi l’empire de la peur. Même si on interdit Twitter ou les chaînes TV (…), des voix trouvent une faille et s’élèvent. Comme cela a été le cas dans les tribunes de Fenerbahçe », a estimé samedi un journaliste turc, Mustafa Hos, sur Twitter.
Les supporters de Besiktas, l’un des clubs d’Istanbul, sont réputés être plutôt proches de l’opposition. Les appels ouverts à la démission des autorités sont rares en Turquie depuis le durcissement du pouvoir par le président Erdogan après la tentative de putsch contre lui en 2016.
« Alors que notre pays lutte contre la plus grande catastrophe du siècle, lancer des slogans de démission lors du match Fenerbahçe-Konyaspor est irresponsable et insensé », a réagi sur Twitter Devlet Bahceli, le leader du parti de l’Action nationaliste, partenaire de coalition du parti AKP de Recep Tayyip Erdogan.
Devlet Bahceli a même appelé les clubs à prendre « les mesures urgentes et nécessaires » pour que les matches soient joués sans supporters.
