Royaume-Uni : A Londres, un ex-policier condamné à la perpétuité pour des dizaines de viols

Tribunal L’affaire a encore renforcé la crise de confiance envers la police londonienne

20 Minutes avec AFP
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L'ancien policier a rejoint Scotland Yard en 2001 et commis des viols sur une période de 17 ans.
L'ancien policier a rejoint Scotland Yard en 2001 et commis des viols sur une période de 17 ans. — Alastair Grant/AP/SIPA

Des chiffres à donner la nausée. David Carrick, 48 ans, est poursuivi à Londres pour au moins 85 chefs d'accusation dont 48 viols, sur une période de 17 ans et commis sur 12 femmes. L'ex-policier ayant plaidé coupable, reconnaissant notamment 24 charges de viols dont certaines se référant à plusieurs faits, il n’y a pas eu de procès mais une audience sur deux jours à Southwark Crown Court à Londres pour déterminer sa peine.

« Vous avez profité de façon monstrueuse des femmes », a déclaré la juge Bobbie Cheema-Grubb avant d’annoncer la peine. Considéré comme l’un des pires prédateurs sexuels de l’histoire récente du Royaume-Uni, David Carrick a été condamné à la prison à vie avec une période de sûreté de 30 ans. Mais l’affaire a surtout aggravé la crise de confiance que traverse Scotland Yard.

Le récit des victimes

Car la police a raté neuf occasions d’arrêter ce violeur en série, pourtant dans ses rangs, qui a pu sévir pendant 17 ans. Il a finalement été interpellé en octobre 2021 pour une première affaire de viol, puis d’autres victimes se sont manifestées. « Vous vous êtes comporté comme si vous étiez intouchable », a dénoncé la juge. « Vous avez rejoint la Metropolitan police en 2001, ce qui vous a placé dans une position unique avec des pouvoirs exceptionnels de coercition et de contrôle ».

Lundi, le procureur a livré un éprouvant récit des agressions « systématiques » commises par David Carrick en reprenant le récit de ses victimes, vulnérables, qu’il « humiliait ». Il usait de son « charme » pour « séduire et tromper » ses victimes, et de son statut pour dissuader ses victimes de dénoncer ses agissements, a expliqué le procureur Tom Little.

A une femme rencontrée dans un bar en 2003, il s’était ainsi présenté comme « la personne la plus sûre avec qui elle pouvait être » selon le procureur, avant de placer son arme sur sa tête et de la violer à plusieurs reprises. Une autre encore a raconté avoir été frappée avec un fouet, enfermée dans un placard et sifflée comme un chien, Carrick la traitant comme sa chose, qui lui « appartenait et devait lui obéir ». Leurs dépositions racontent comment elles se sont senties « piégées » et le fait qu’elles ne font « plus confiance à la police ».

Scotland Yard doit faire le ménage

La révélation de ces viols et agressions a créé une nouvelle onde de choc au Royaume-Uni, moins de deux ans après l’affaire Sarah Everard, une Londonienne de 33 ans enlevée, violée et tuée par un agent de la police de la capitale depuis condamné à la prison à vie. La police de Londres a renouvelé dimanche ses excuses pour l’affaire Carrick. « Il n’aurait pas dû être policier », a déclaré la commissaire adjointe Barbara Gray, insistant sur la détermination de Scotland Yard de chasser « ceux qui corrompent notre intégrité ».



La ministre de l’Intérieur Suella Braverman a exhorté les forces de police à faire le ménage dans leurs rangs pour en chasser les « officiers corrompus ». La police de Londres a indiqué que 1.633 affaires d’agressions sexuelles ou de violences domestiques présumées impliquant plus de 1.000 officiers et agents ces dix dernières années seraient réexaminées pour s’assurer que les décisions appropriées aient bien été prises.