Cette annonce intervient alors que la tension, très vive ces dernières semaines, est retombée quelque peu entre les deux puissances militaires nucléaires voisines et éternelles rivales, après que l'Inde eut accusé un groupe islamiste pakistanais d'avoir perpétré les attaques coordonnées de Bombay qui ont fait 174 morts, dont neuf des assaillants, du 26 au 29 novembre.
Cette annonce intervient alors que la tension, très vive ces dernières semaines, est retombée quelque peu entre les deux puissances militaires nucléaires voisines et éternelles rivales, après que l'Inde eut accusé un groupe islamiste pakistanais d'avoir perpétré les attaques coordonnées de Bombay qui ont fait 174 morts, dont neuf des assaillants, du 26 au 29 novembre. — Pedro Ugarte AFP/Archives

INDE

Attentats de Bombay: l'unique survivant du commando condamné

Ajmal Amir Kasab encourt la peine de mort par pendaison...

Il est le seul survivant du commando responsable du «11-Septembre indien». Mohammed Ajmal Amir Kasab, 22 ans, a été reconnu coupable de la quasi-totalité des 86 chefs d'accusations qui pesaient contre lui par le tribunal spécial de Bombay, notamment de meurtres et d'actes de guerre contre l'Inde.  Le condamné, natif du Pakistan, encourt la peine de mort par pendaison et sera fixé sur son sort mardi. Les deux Indiens, accusés d'avoir fourni un soutien logistique au commando en leur remettant des plans manuscrits de la ville, ont eux été jugés non coupables.

Entre le 26 et le 29 novembre 2008, un commando de dix hommes lourdement armés s‚est introduit dans plusieurs hôtels de luxe de Bombay, un restaurant touristique, la principale gare et un centre juif  de Bombay. Au total, 166 personnes ont trouvé la mort dans l'attaque, et plus de 300 ont été blessées. Les forces spéciales indiennes ont fini par tuer neuf des dix membres du groupe le 29 novembre.

Message au Pakistan


Le procès fleuve de Kasab, débuté en avril 2009 et achevé fin mars 2010, a été plein de rebondissements. D'après l'accusation, la culpabilité du jeune Pakistanais est étayée par plusieurs «preuves accablantes», des empreintes digitales, des traces d'ADN, des photos et des captures d'écran de caméra.  Au début de la procédure, Kasab a plaidé non-coupable, mais en juillet dernier, il a avoué avoir ouvert le feu au fusil d‚assaut AK-47 et lancé des grenades dans la gare de Bombay, où 52 personnes ont été tuées. En décembre, il est finalement revenu sur ses aveux et a affirmé avoir été victime d'un coup monté de la police.

New Delhi a attribué cet attentat au groupe extrémiste Lashkar-e-Taïba (LeT), basé au Pakistan et accusé les services secrets de renseignements militaires pakistanais de complicité. Les relations entre les deux pays, déjà très compliquées, ont connu un long passage à vide.  Le processus de paix entamé en 2004, après trois guerres, a été interrompu. New Delhi et Islamabad ont seulement repris un dialogue, fragile, en février dernier. Le ministre indien de l'Intérieur P. Chidambaram a d‚ailleurs estimé que le verdict était un message adressé à Islamabad. «Le jugement lui-même est un message au Pakistan selon lequel il ne devrait pas exporter la terreur en Inde», a-t-il déclaré.