Qui peut se cacher derrière la tentative d’attentat de New York?

TERRORISME Les autorités américaines disent disposer d’éléments majeurs mais refusent d’accréditer la piste du groupe pakistanais taliban...

Maud Pierron

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A.P/Sipa

Au lendemain de la tentative d’attentat à Time Square, Les enquêteurs américains rassemblent les indices lundi pour tenter de trouver les responsables. Plusieurs pistes s'offrent à eux.

La piste talibane


le groupe pakistanais «Tehrik-e-Taliban» (TPP) a revendiqué l’acte  dimanche, via une vidéo diffusée sur YouTube. La mouvance explique avoir agi en représailles aux attaques de drones américains au Pakistan et de la mort de deux dirigeants d'Al-Qaida en Irak. Créée en 2007, cette organisation serait responsable de l’attentat qui a coûté la vie en décembre 2007 à la Première ministre Benazir Bhutto à Rawalpindi, d’après la CIA. L’armée américaine aurait tué son chef, Hakimullah Mehsud, en janvier dernier. Mais, le centre de surveillance des sites islamistes (Site) a annoncé dimanche que ce dernier serait apparu dans une vidéo datée d'avril pour annoncer de grands attentats dans les villes américaines.

En l'absence de preuves formelles, les autorités ne prennent pas pour argent comptant ces revendications. Même s'il n'en est pas l'auteur, le groupe a en effet tout intérêt à assumer la paternité de cette tentative d’attentat, qui le crédibiliserait.

Un acte isolé


Les enquêteurs n’ont pas de preuves que cet acte soit lié «à Al-Qaida ou une autre organisation terroriste majeure», ne cesse de marteler depuis dimanche le maire de New York, Michael Bloomberg. L’édile a d’ailleurs précisé que l’engin explosif avait un côté «amateur». Janet Napolitano, la ministre américaine chargée de la Sécurité intérieure, a ajouté que l’engin «ne donnait pas l'air d'être très sophistiqué». Et de souligner sur ABC que les autorités n’ont «aucun élément qui [leur] dise qu'il s'agit d'autre chose que d'un acte isolé». «Un acte terroriste n'est pas nécessairement conduit par une organisation. Une seule personne peut suffire», a ajouté Raymond Kelly, le chef de la police new-yorkaise. La prudence des autorités américaines vis-à-vis de TPP s’expliquent peut-être par les différentes revendications fantaisistes du groupe ou de personnes se revendiquant de celui-ci, rapporte Rue89. TPP avait notamment revendiqué la tuerie sur la base militaire de Fort Knox, qui a fait 13 morts en Novembre, ou encore la grande

L'entreprise Viacom visée?


L’hypothèse d’un acte visant l’entreprise Viacom, dont le siège se trouve à proximité du lieu où le véhicule était garé, serait également étudiée, d'après le New York Times.  L’entreprise est propriétaire de Comedy Central, qui diffuse  South Park. Or, la chaîne s’est récemment illustrée en censurant toutes les mentions au prophète Mohammed dans un épisode de la série.

La piste de l'extrême droite
 

L’élection de Barack Obama, un Noir, à la tête des Etats-Unis a donné une nouvelle vigueur à ces nébuleuses, traditionnellement très actives sur le sol américain. Avant les attentats du 11-Septembre, le plus grave acte terroriste  l’avait été par un milicien lié à la mouvance d’extrême droite, Timothy McVeigh, à Oklahoma City (165 morts). «Cette piste, et celle des talibans pakistanais, semble des plus crédibles», a jugé Pascal Boniface, spécialiste des relations internationales, interrogé par le journal Metro.

Pour démêler le vrai du faux, les enquêteurs se concentrent donc sur les indices jugés sérieux dont ils disposent. D’abord, des éléments ADN ont été prélevés dans le véhicule piégé et sont actuellement à l'étude. La police dérushe également les dizaines d’heures de bandes vidéos des 82 caméras de surveillance. Une scène a particulièrement attiré l’attention des enquêteurs: un homme blanc d‚une quarantaine d’années quitte les lieux, enlève une chemise noire, qu'il portait sur une chemise rouge. Raymond Kelly, le chef de la police new-yorkaise, a toutefois souligné que cet épisode n’avait peut-être aucun rapport avec l’attentat avorté.  Il a aussi annoncé qu’un touriste avait déclaré «avoir peut-être une photo de l'individu» qu'il aurait prise en filmant la police montée qui patrouille dans le quartier. Un numéro de téléphone spécial a également été mis en place pour récolter des témoignages, sans succès pour l’instant.