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ENQUETEUn procureur spécial nommé sur les documents confidentiels de Joe Biden

Etats-Unis : Un procureur spécial nommé pour enquêter sur les documents confidentiels retrouvés chez Joe Biden

ENQUETEDes documents confidentiels ont été retrouvés dans un ancien bureau et dans le garage du président américain, poussant le département de la Justice à nommer un procureur semi-indépendant, comme pour Donald Trump
Le ministre américain de la justice, Merrick Garland, a annoncé le 12 janvier 2023 qu'il nommait un procureur spécial pour enquêter sur les documents confidentiels retrouvés chez Joe Biden.
Le ministre américain de la justice, Merrick Garland, a annoncé le 12 janvier 2023 qu'il nommait un procureur spécial pour enquêter sur les documents confidentiels retrouvés chez Joe Biden. - DOJ / DOJ
Philippe Berry

Philippe Berry

Pas de jaloux. Après la découverte de documents confidentiels dans un ancien bureau de Joe Biden et dans son garage, le ministre de la Justice, Merrick Garland, a annoncé jeudi qu’il nommait un procureur spécial pour enquêter, comme il l’avait fait en novembre pour Donald Trump.

Le procureur Robert Hur est un ancien du département de la Justice (DOJ) spécialiste des affaires de corruption, qui travaillait aujourd’hui dans le privé et a promis dans sa première déclaration qu’il serait « impartial ».

« Déplacés par inadvertance »

Jeudi, la Maison Blanche a reconnu qu’un « petit nombre » de documents avaient été retrouvés dans la résidence privée de Joe Biden de Wilmington, dans le Delaware, trois jours après avoir admis qu’une dizaine de documents avaient été découverts dans un bureau que Biden utilisait quand il était vice-président. Selon NBC News, les nouveaux documents étaient stockés dans le garage du président américain. Lors d’une conférence de presse, jeudi matin, il s’est défendu, précisant que son garage était « fermé à clé ».

« Nous sommes certains qu’une enquête minutieuse montrera que ces documents ont été déplacés par inadvertance et que le président et ses avocats ont agi promptement lorsqu’ils ont découvert cette erreur », a indiqué un avocat de Joe Biden dans un communiqué.

« Coopération totale »

Merrick Garland a détaillé la chronologie de l’affaire :

  • 4 novembre : Les Archives nationales informent le département de la Justice (DOJ) que des documents confidentiels ont été trouvés par les équipes de Joe Biden dans son ancien bureau du Penn Biden Center.
  • 9 novembre : Le FBI ouvre une enquête pour déterminer si des documents classifiés ont été mal gérés.
  • 14 novembre : Garland met un procureur du DOJ sur l’affaire.
  • 20 décembre : Des avocats de Joe Biden informent le DOJ que d’autres documents ont été retrouvés dans sa résidence.
  • 12 janvier : Garland nomme un procureur spécial, qui opère en semi-indépendance et pourra ensuite faire des recommandations en vue d’une éventuelle inculpation au DOJ.

Joe Biden a assuré que lui et ses avocats avaient offert une « coopération totale » au ministère de la Justice. Une manière de marquer sa différence avec Donald Trump, qui a refusé pendant des mois de rendre 184 documents confidentiels aux Archives nationales puis au FBI, poussant ce dernier à effectuer une perquisition spectaculaire à sa résidence de Mar-a-Lago.

Mauvaise gestion volontaire ou accidentelle

A ce stade, les deux affaires ont des différences notables, par leur ampleur, mais également au vu des actions de Joe Biden et de Donald Trump. Ce dernier savait qu’il avait des documents confidentiels chez lui, et a refusé de les rendre malgré les demandes répétées du gouvernement et une assignation validée par un grand jury.

« Techniquement, même une mauvaise gestion accidentelle de documents classifiés enfreint la loi », précise à 20 Minutes l’avocat spécialiste des questions de sécurité nationale Bradley Moss. Mais la différence fondamentale, c’est que « le département de la Justice lance rarement des poursuites quand (c’est) accidentel et qu’il n’y a pas d’obstruction ». Selon lui, c’est pour cette raison qu’une inculpation de Donald Trump « est une possibilité réelle » tandis que Joe Biden n’est pas menacé, « au moins pour l’instant ».

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