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La Louisiane fait face à une pollution à l'état brut

Inexorablement, la marée noire s'approche des côtes américaines. Les premières plaques ont touché jeudi soir des marais proches de l'embouchure du Mississippi. Mais le pire reste à venir. La nappe de p&eacut...

Inexorablement, la marée noire s'approche des côtes américaines. Les premières plaques ont touché jeudi soir des marais proches de l'embouchure du Mississippi. Mais le pire reste à venir.
La nappe de pétrole, qui mesure plus de 200 km de long, devrait atteindre les côtes de Louisiane très prochainement, selon l'amiral Thad Allen, qui dirige les opérations de confinement. Mais aussi celles de Floride, d'Alabama et du Mississippi. En attendant, les gardes-côtes et BP, l'exploitant de la plate-forme à l'origine du désastre, font tout pour circonscrire au maximum la marée noire. Ainsi, le groupe pétrolier est en train de fabriquer un énorme « couvercle » de 70 tonnes pour boucher le puits, duquel s'écouleraient quotidiennement quelque 800 000 litres de brut. Celui-ci devrait être prêt dans « six à huit jours ». Car si la tête de puits lâche, la fuite « pourrait dépasser 16 millions de litres par jour », a averti l'amiral sur CNN.
Le désastre, provoqué par le naufrage de la plate-forme le 22 avril, « menace le mode de vie » de la Louisiane, déjà durement touchée par l'ouragan Katrina en 2005, a prévenu le gouverneur de l'Etat, Bobby Jindal. Hier, le président américain, Barack Obama, était attendu sur place, en signe de solidarité, et pour essayer de faire mentir les accusations selon lesquelles il aurait tardé à réagir. Face à la catastrophe qui s'annonce, sans doute la pire depuis le naufrage de l'Exxon-Valdez en 1989, le monde manifeste sa solidarité. Ainsi hier, la France s'est dite prête à aider, par la voix de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères. Mais, pour Greenpeace, il est plus que temps, désormais, de réfléchir à protéger notre environnement. « Aujourd'hui, 1% seulement des espaces maritimes sont des zones protégées. Peut-être faudrait-il songer à ce qu'elles soient plus nombreuses ? », lançait hier François Charpier, chargé de la campagne Océans.Armelle Le Goff