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BALKANSL’armée serbe en état d’alerte renforcée après des tensions au Kosovo

Serbie : L’armée placée « au plus haut niveau de préparation au combat » après des tensions au Kosovo

BALKANSPlusieurs centaines de Serbes ont érigé depuis le 10 décembre dans le nord du Kosovo des barrages pour protester contre l’arrestation d’un ancien policier serbe
Le ministre serbe de la Défense Milos Vucevic (au centre, sans uniforme), s'entretenant avec le chef d'état-major de l'armée serbe, Milan Mojsilovic, à Raska dans le sud de la Serbie le 26 décembre 2022.
Le ministre serbe de la Défense Milos Vucevic (au centre, sans uniforme), s'entretenant avec le chef d'état-major de l'armée serbe, Milan Mojsilovic, à Raska dans le sud de la Serbie le 26 décembre 2022. - Serbian Presidential Press Service/AP / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Rien ne va plus entre Belgrade et Pristina. L’armée serbe a indiqué avoir placé ses troupes en état d’alerte renforcée lundi soir, une situation qui souligne les tensions récentes au Kosovo voisin où ont eu lieu des tirs et des explosions et où des barrages routiers ont été érigés.

Le président de Serbie, Aleksandar Vucic, a ordonné à son armée « d’être au plus haut niveau de préparation au combat, c’est-à-dire au niveau de l’utilisation de la force armée », a déclaré le ministre serbe de la Défense, Milos Vucevic. Le général Milan Mojsilovic, chef des armées serbes, a en outre été dépêché à la frontière avec le Kosovo.

Quelque 120.000 Serbes au Kosovo

« La situation là-bas est compliquée », a déclaré le chef d’état-major, à la télévision Pink dimanche soir, en route vers Raska, à dix kilomètres de la frontière. Il a ajouté qu’elle requérait « la présence de l’armée serbe le long de la ligne administrative », terme utilisé par les autorités serbes pour désigner la frontière avec le Kosovo.

La Serbie ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province méridionale, peuplée très majoritairement d’Albanais, qu’elle avait proclamée en 2008. Elle encourage ainsi les 120.000 Serbes au Kosovo à défier les autorités locales. Plusieurs centaines de Serbes ont ainsi érigé depuis le 10 décembre dans le nord du Kosovo des barrages pour protester contre l’arrestation d’un ancien policier serbe, paralysant la circulation vers deux postes frontaliers.

Une mission de l’OTAN sur place

Peu avant le départ du général Mojsilovic vers la zone frontalière, plusieurs médias serbes ont diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle on entend des coups de feu, affirmant qu’il s’agissait de « combats » survenus en début de soirée lorsque les forces kosovares ont essayé de démanteler une barricade. Ceci a aussitôt été démenti par la police kosovare qui a affirmé sur sa page Facebook que ses membres n’avaient participé à aucun échange de tirs.

Les médias à Pristina ont affirmé en revanche qu’une patrouille de la Force de maintien de la paix au Kosovo (Kfor), mission de l’OTAN, se trouvait dans la zone de tirs. Le ministre kosovar de l’Intérieur, Xhelal Svecla, a pour sa part indiqué que la patrouille de la Kfor avait été attaquée. De son côté, la Kfor a annoncé mener l’enquête sur des tirs « le 25 décembre, à proximité d’une patrouille de la mission de l’OTAN au Kosovo ». « Il n’y a pas eu de blessés ou de dégâts matériels », a-t-elle affirmé.

Début novembre, des centaines de policiers serbes intégrés à la police kosovare, ainsi que des juges, procureurs et autres fonctionnaires ont quitté leur poste en masse, pour protester contre une décision, et désormais suspendue du gouvernement de Pristina, d’interdire aux Serbes qui vivent au Kosovo d’utiliser des plaques d’immatriculation délivrées par la Serbie. La situation avec le Kosovo est « au bord du conflit armé », avait d’ailleurs estimé la Première ministre serbe Ana Brnabic la semaine dernière.

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