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inflationA Royaume-Uni, une grève des trains lance une cascade de mouvements sociaux

Royaume-Uni : Une grève des trains et le début d’un nouvel « hiver du mécontentement »

inflationEmployés du train, de la logistique, agents de sécurité de l’Eurostar et de la police aux frontières, mais aussi infirmières, etc. Les appels à la grève se multiplient
Un passager regarde le tableau des départs à la gare d'Euston à Londres, le mercredi 14 décembre 2022, deuxième jour d'une série de grèves ferroviaires en décembre.
Un passager regarde le tableau des départs à la gare d'Euston à Londres, le mercredi 14 décembre 2022, deuxième jour d'une série de grèves ferroviaires en décembre.  - Ben Cawthra//SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

De nombreux Britanniques ont souffert pour se déplacer mardi, premier jour d’une grève dans les chemins de fer au Royaume-Uni, confronté à de nombreux mouvements sociaux face à l’envolée des prix. Et d’ici au 31 décembre, aucune journée ne sera épargnée par les grèves. Employés du train, de la logistique, agents de sécurité de l’Eurostar et de la police aux frontières, mais aussi infirmières - pour la première fois depuis plus de 100 ans - ambulanciers, etc. A l’approche des fêtes de fin d’année, les appels à la grève se sont multipliés dans de nombreux secteurs pour demander des augmentations.

Les médias britanniques évoquent déjà un nouvel « hiver du mécontentement », en référence aux grèves massives qui avaient secoué le pays à la fin des années 1970 et fait perdre l’équivalent de plusieurs dizaines de millions de jours de travail à l’économie britannique.

Environ un million de jours perdus depuis le début de l’année

Si on est encore loin de ces niveaux, avec environ un million de jours perdus depuis le début de l’année, 417.000 jours de travail ont été perdus sur le seul mois d’octobre en raison de conflits sociaux, soit le niveau « le plus élevé depuis novembre 2011 », a indiqué mardi l’Office national des statistiques (ONS).

Comme dans les années 1970, l’inflation est au cœur des revendications pour de meilleurs salaires. A plus de 11 %, elle frappe de plein fouet le pouvoir d’achat des ménages, alimentée par les prix de l’énergie, notamment sous l’effet de l’invasion russe en Ukraine. Dans la fonction publique, les infirmières réclament ainsi à l’Etat une hausse des salaires de plus de 17 % pour rattraper des années de disette. Une demande jugée « inabordable » par le gouvernement. Dans les transports ferroviaires, le syndicat RMT a refusé une proposition d’augmentation de 8 % sur deux ans, la jugeant insuffisante face à la hausse des prix.

Les salaires ont baissé de 2,7 % entre août et octobre

Devant ses revendications, le gouvernement a adopté un ton très ferme, justifiant son refus de répondre aux demandes des syndicats par la situation délicate des finances publiques du pays et le risque de voir les augmentations de salaires nourrir l’inflation. Et il a mobilisé l’armée pour remplacer les grévistes dans certains secteurs.

« Je pense que nous avons une approche juste et raisonnable, a estimé sur la BBC le Premier ministre Rishi Sunak, dont le gouvernement est en berne dans les sondages. Je demanderais aux responsables syndicaux (…) de mettre fin aux perturbations, surtout en période de Noël. Cela va avoir des répercussions négatives sur la vie des gens. »



Selon l’ONS, malgré les revalorisations obtenues dans certains secteurs, les salaires ont baissé de 2,7 % entre août et octobre sous l’effet de l’inflation. Et le gouvernement a déjà « fourni un soutien considérable » aux ménages pour compenser la flambée des prix de l’énergie, a aussi estimé mardi le ministre des Transports Mark Harper sur Times Radio. Il avait plus tôt fustigé le nouveau Noël « virtuel » que les grévistes s’apprêtaient à faire passer aux Britanniques, empêchés de se rendre dans leurs familles pour les fêtes.

47 % des Britanniques sont opposés à la grève dans les transports

Selon un sondage Yougov publié fin novembre, 47 % des Britanniques sont opposés à la grève dans les transports quand 41 % la soutiennent et les voyageurs interrogés mardi à Londres par l’AFP dans une gare de King’s Cross inhabituellement calme, étaient plutôt bienveillants.

« Je les comprends totalement… c’est difficile pour les gens en ce moment », estime Allan Smith, web-développeur de 28 ans, qui tentait de trouver un plan B pour se rendre à Heathrow. Chris McBride, ancien pompier de 74 ans, juge, lui, le gouvernement « incompétent » pour soutenir les ménages : « Je suis retraité, je dois faire attention pour me chauffer, c’est difficile. »

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