Fin de vie : Le Portugal vote pour la troisième fois pour autoriser l’euthanasie

Mort médicalement assistée Le président conservateur peut mettre son veto

20 Minutes avec AFP
— 
Le parlement portugais à Lisbonne
Le parlement portugais à Lisbonne — Armando Franca/AP/SIPA

La troisième, c’est la bonne ? Après deux précédents votes en faveur d’une loi dépénalisant « la mort médicalement assistée », le parlement portugais a une nouvelle fois apporté son soutien à la réforme. La loi sera à présent soumise au crible du président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, qui peut soit promulguer cette loi, soit la soumettre à l’examen de la Cour constitutionnelle, soit y mettre son veto, comme il l’a déjà fait à deux reprises par le passé. Il a déclaré jeudi soir qu’il comptait se prononcer assez rapidement, « certainement avant Noël », sur cette question qui a traversé plusieurs législatures ces dernières années.

Le projet de loi a été approuvé, sous les applaudissements, grâce notamment aux voix du Parti socialiste, qui dispose de la majorité absolue, et de quelques députés de l’opposition. Cette loi nous rappelle que « le droit à la vie ne peut se transformer en un devoir de vivre dans n’importe quelles circonstances », a affirmé la députée socialiste Isabel Moreira, figure de proue des partisans de la légalisation de l’euthanasie, à l’issue du vote. La loi sur l’euthanasie « rapproche le Portugal des législations les plus permissives », regrette pour sa part l’association des médecins catholiques.

Décision « libre et éclairée »

Le texte approuvé vendredi précise notamment que la décision de recourir à la mort médicalement assistée résulte d’une décision personnelle « réitérée », « libre et éclairée » d’une personne « majeure » souffrant d’une « maladie grave et incurable ».



Lorsque la précédente loi sur ce sujet avait été votée en janvier 2021, puis soumise au président portugais, le chef de l’Etat avait d’abord saisi la Cour constitutionnelle, qui avait exigé quelques amendements, avant d’y mettre son veto. Le président avait alors expliqué sa décision par « un problème de rédaction » de la loi, qui contenait selon lui des définitions trop vagues. La Belgique et les Pays-Bas ont été les deux premiers Etats européens il y a vingt ans à avoir autorisé l’euthanasie, qui est depuis permise dans une poignée d’autres pays en Europe.