Guerre en Ukraine : Washington fustige les propos « irresponsables » de Poutine sur l’arme nucléaire

MENACE Le chancelier allemand Olaf Scholz estime pour sa part que le risque nucléaire a diminué car la communauté internationale « a tracé une ligne rouge » au Kremlin

20 Minutes avec AFP
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Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou le 7 décembre 2022 .
Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou le 7 décembre 2022 . — Mikhail Metzel/SPUTNIK

Les dernières déclarations du Kremlin sur la bombe nucléaire mécontentent une nouvelle fois Washington. Les Etats-Unis ont ainsi qualifié d'« irresponsables » les propos « à la légère » de Vladimir Poutine, qui a relativisé mercredi le risque d’un recours à l’arme nucléaire dans la guerre en Ukraine.

Le président russe avait laissé planer précédemment la possibilité d’utiliser des armes nucléaires dites « tactiques ». Lors d’une réunion au Kremlin mercredi Vladimir Poutine a déclaré : « La menace d’une guerre nucléaire grandit », mais est resté évasif sur la position russe.

Les engagements des puissances nucléaires

« La Russie ne les utiliserait en premier en aucune circonstance », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « elle ne sera pas la deuxième à les utiliser non plus, car les chances de les utiliser dans le cas d’une frappe nucléaire contre notre territoire sont très minces ».

Refusant de répondre directement à Vladimir Poutine, le porte-parole du département d’Etat américain, Ned Price, a rappelé que les puissances nucléaires à travers le monde depuis la Guerre froide, y compris la Chine, les Etats-Unis, et la Russie elle-même ont été claires sur le fait qu' « un conflit nucléaire ne doit jamais se produire et ne peut jamais être gagné ». « Nous pensons que toute autre rhétorique, que ce soit les menaces nucléaires ou même évoquer la possibilité d’user d’armes nucléaires tactiques, est quelque chose d’irresponsable », a-t-il insisté.

Lors de ses remarques, Vladimir Poutine a placé la Russie en contraste avec les Etats-Unis, pointant du doigt le stationnement d’armes nucléaires par Washington chez des alliés européens de l’Otan. « Nous n’avons pas transféré et ne transférons pas nos armes nucléaires à quiconque, mais bien sûr, nous protégerons nos alliés avec tous les moyens à notre disposition, si nécessaire », a-t-il souligné.

Le poids de la position chinoise

Dans une interview parue ce jeudi, Olaf Scholz juge pour sa part que le risque d’un recours à l’arme nucléaire par Moscou a diminué car la communauté internationale, y compris la Chine, « a tracé une ligne rouge » à la Russie. « Une chose a changé pour le moment : la Russie a cessé de menacer d’utiliser des armes nucléaires », affirme le chancelier allemand au groupe de médias allemands Funke et à Ouest France.

Le dirigeant allemand estime que son récent voyage en Chine a porté ses fruits : « Lors de ma visite à Pékin, le président chinois Xi et moi avons déclaré conjointement que les armes nucléaires ne devaient pas être utilisées. Peu de temps après, les pays du G20 ont réaffirmé cette position ».

Interrogé par ailleurs sur la récente polémique déclenchée par Emmanuel Macron, qui a estimé qu’il faudrait donner des « garanties » à la Russie pour trouver un bon équilibre, une fois la guerre terminée, Olaf Scholz a reconnu qu’à terme la question de l’architecture de sécurité se poserait. Néanmoins, « la priorité est que la Russie mette immédiatement fin à la guerre et retire ses troupes. »