Sommet UE-Balkans : Les Vingt-Sept à Tirana pour resserrer les liens et parler élargissement

partenariat Les pays des Balkans espèrent, qu’avec la guerre en Ukraine, Bruxelles va vouloir accélérer le processus d’adhésion

20 Minutes avec AFP
Des drapeaux de l'Albanie et de l'UE, à Tirana le 5 décembre 2022.
Des drapeaux de l'Albanie et de l'UE, à Tirana le 5 décembre 2022. — Andreea Alexandru/AP/SIPA

Bruxelles va se déplacer ce mardi à Tirana. Les Vingt-Sept de l’UE vont se réunir en sommet en Albanie avec les dirigeants de six pays des Balkans occidentaux afin de revigorer un partenariat jugé encore plus essentiel dans le contexte de la guerre en Ukraine.

La politique d’élargissement est revenue en haut de l’agenda ces derniers mois, a souligné vendredi à Belgrade le commissaire européen Oliver Varhelyi, appelant l’UE à « garder cet élan ». Les pays des Balkans, coincés dans l’antichambre de l’UE depuis des années, ont souvent exprimé leur frustration face à un processus d’intégration long et exigeant, récemment encore en voyant le bloc accorder rapidement le statut de candidat à l’Ukraine et à la Moldavie.

Contrer l’influence de la Chine et de la Russie

La guerre en Ukraine a aussi souligné l’importance pour les Européens de stabiliser cette région fragile du sud-est de l’Europe, d’y contrer l’influence de la Russie ainsi que celle de la Chine, qui a investi dans les infrastructures de ces pays.

En juillet, l’UE a ainsi finalement ouvert des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie (candidates respectivement depuis 2005 et 2014). Ces pourparlers sont aussi en cours depuis plusieurs années avec le Monténégro et la Serbie. En octobre, la Commission a recommandé d’octroyer le statut de candidat à la Bosnie-Herzégovine, une décision qui reviendra au Conseil européen des 15-16 décembre.

Pour le Kosovo en revanche, les obstacles à une candidature sont nombreux. Cette ancienne province serbe majoritairement albanaise a proclamé en 2008 son indépendance que Belgrade ne reconnaît pas. Cinq pays de l’UE ne la reconnaissent pas non plus (Espagne, Grèce, Chypre, Roumanie, Slovaquie).

La question de la lutte contre l’immigration irrégulière

Le sommet va aussi se concentrer sur des questions de coopération concrètes. L’UE, qui reste de loin le premier partenaire commercial des Balkans occidentaux, va confirmer un paquet d’un milliard d’euros de subventions, qui doivent permettre d’attirer des investissements publics et privés, et de mobiliser au total au moins 2,5 milliards d’euros. Un accord doit aussi être signé avec les opérateurs télécoms de la région, pour réduire les frais d’itinérance (roaming) entre l’UE et les six pays des Balkans en 2023, en vue de les éliminer progressivement d’ici 2027.

La coopération en matière de sécurité, et notamment de cybersécurité, doit également être renforcée. Autre priorité, la lutte contre l’immigration irrégulière : la route des Balkans constitue la principale route migratoire vers l’UE. Le nombre d’arrivées par cette voie sur les dix premiers mois de l’année a augmenté de près de 170 % par rapport à l’année d’avant, ce qui a poussé la Commission à présenter un plan d’action lundi, proposant notamment le déploiement de l’agence Frontex dans ces pays.