Burkina Faso : Le Quai d’Orsay « déplore » la suspension de RFI

LIBERTE DE LA PRESSE Les militaires au pouvoir à Ouagadougou reprochent à RFI d’avoir relayé un « message d’intimidation » attribué à un « chef terroriste »

20 Minutes avec AFP
Un studio de la radio RFI, à Paris.
Un studio de la radio RFI, à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La France a tenu à apporter son soutien à RFI. Paris a « déploré » lundi la suspension de Radio France Internationale décidée samedi par les autorités militaires du Burkina Faso, qui lui reprochent d’avoir relayé un « message d’intimidation » attribué à un « chef terroriste ».

Le ministère des Affaires étrangères réaffirme « son engagement constant et déterminé en faveur de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et de la protection des journalistes et de tous ceux dont l’expression concourt à une information libre et plurielle et au débat public, partout dans le monde ». Selon la direction de RFI, la radio est suivie chaque semaine au Burkina Faso « par plus de 40 % de la population et plus de 70 % des leaders d’opinion ».

Une revue de presse qui ne plaît pas au pouvoir

Au début de la semaine dernière, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida), avait diffusé une vidéo dans laquelle l’un de ses chefs au Burkina menaçait de s’attaquer à des villages défendus par des Volontaires de la défense de la patrie (VDP), supplétifs civils de l’armée, qui vient d’en recruter 90.000 en trois semaines pour faire face à la recrudescence des attaques djihadistes.

Le gouvernement reproche également à RFI, radio publique française, d’avoir repris dans sa revue de presse de vendredi « une information mensongère, indiquant que : "Le président de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré, assure qu’une tentative de coup d’Etat a visé son pouvoir" ».

Une interdiction également au Mali

Le Burkina, théâtre de deux coups d’Etat militaires en huit mois et en proie depuis 2015 à la violence djihadiste, est le deuxième pays de la région à interdire RFI cette année après le Mali, également dirigé par des militaires putschistes et lui aussi en proie aux attaques des djihadistes liés à Al-Qaida ou au groupe Etat islamique.