Iran : « Rien n’indique » que la situation des femmes va s’améliorer, selon Washington

Prévision « Malheureusement, rien n’indique que les dirigeants iraniens améliorent la façon dont ils traitent les femmes et jeunes filles », déclare Washington

20 Minutes avec AFP
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Nasibe Samsaei, une Iranienne vivant en Turquie, coupe sa queue de cheval lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran à Istanbul le 21 septembre 2022.
Nasibe Samsaei, une Iranienne vivant en Turquie, coupe sa queue de cheval lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran à Istanbul le 21 septembre 2022. — Yasin AKGUL /AFP

L’annonce de la dissolution de la police des mœurs en Iran à l’origine du mouvement de contestation qui frappe la République islamique est critiquée par les Occidentaux. « Rien n’indique » que la situation des femmes en Iran va s’améliorer après l’annonce inattendue de l’abolition de la police des mœurs, a jugé ce lundi un porte-parole du département d’Etat américain.

« Malheureusement, rien n’indique que les dirigeants iraniens améliorent la façon dont ils traitent les femmes et jeunes filles ou cessent la violence qu’ils infligent aux manifestants pacifiques », a déclaré le porte-parole, refusant de « commenter les affirmations ambiguës ou vagues » du pouvoir iranien. Cette annonce a été perçue comme un geste envers les manifestants, mais certains militants des droits humains iraniens doutent de sa réalité.

Berlin nuance l’annonce

« Les Iraniennes et les Iraniens descendent dans la rue pour défendre leurs droits fondamentaux. Ils veulent vivre libres et autonomes et cette mesure, si elle est appliquée, ne changera rien à cela », a fait valoir lors d’un point presse régulier une porte-parole du ministère des Affaires étrangères allemand. Le procureur général d’Iran, Mohammad Jafar Montazeri, a annoncé samedi soir que « la police des mœurs (…) a été abolie par ceux qui l’ont créée ».

Cette annonce s’apparente à un geste envers les manifestants qui descendent dans la rue pour exprimer leur colère depuis la mort en détention le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde de 22 ans arrêtée trois jours auparavant par cette même police des mœurs pour non-respect du code vestimentaire. « Les déclarations proviennent du procureur général, qui ne peut pas, de par sa fonction, dissoudre la police des mœurs. Il faut donc faire preuve d’une certaine retenue dans l’évaluation », a tempéré lundi la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Andrea Sasse.