Emmanuel Macron aux Etats-Unis : « Allez les Bleus ! »… Le passage bigarré du président à La Nouvelle-Orléans

reportage Le président de la République s’est offert un bain de foule enjouée dans le centre de la ville, en clôture de sa visite d’Etat

Rachel Garrat-Valcarcel
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 Emmanuel Macron dans les rues de La Nouvelle-Orléans.
Emmanuel Macron dans les rues de La Nouvelle-Orléans. — Gerald Herbert
  • La visite d’Etat d’Emmanuel Macron s’est achevée ce vendredi à La Nouvelle-Orléans.
  • Le président s’est notamment offert un passage dans le French Quarter, pour une déambulation pleine de couleurs et de sons.
  • 20 Minutes était sur place parmi les badauds. Ambiance.

De notre envoyée spéciale à la Nouvelle-Orléans

« Que se passe-t-il ici ? », demande un badaud en voyant la foule qui se masse autour de Jackson square, au centre du Carré français de La Nouvelle-Orléans. « Le président français arrive, apparemment », avance un autre. « Oh, really ! », s’exclame, trois tons au-dessus, le premier. Car si l’annonce du passage d’Emmanuel Macron en Louisiane ce vendredi, pour clôturer sa visite d’Etat aux Etats-unis, a été faite voici plusieurs jours, sa déambulation dans deux rues du centre historique n’a été médiatisée que très tard.

On trouve pourtant des Néo-Orléanaises qui l’attendent de pied ferme. Comme Courtney, qui porte un tee-shirt floqué du slogan de sa dernière campagne présidentielle : « Emmanuel Macron avec vous ». Cette Louisianaise était à Strasbourg lors de son passage dans l’entre-deux tours, et elle a craqué sur ce tee-shirt rouge. La fan a le regard alerte en attendant le chef de l’Etat : « J’adore son positionnement sur la guerre en l’Ukraine, la manière qu’il a de vouloir réunir la France et les Etats-Unis ».

« Mais il arrive quand ? »

Une autre ne tient plus en place. Elle tient fermement la barrière devant elle : on ne lui piquera pas sa place. Estelle demande à tous les policiers ou gardes du corps qui passent quand le président va-t-il arriver. « Il est sur la route », répond l’un d’eux. Et d’ajouter « Je ne sais pas », en français dans le texte. Estelle parle un français parfait, et quand elle entend à côté deux Françaises, justement, chantonner la « Marseillaise », elle se retourne. « Ton président arrive, reste là ! »

Cette gouaille pas possible, Estelle va l’utiliser devant Emmanuel Macron, qui lui consacre quelques secondes. « Bonjour monsieur le président, bienvenue à New Orleans. Vous avez vendu ça pour une bouchée de pain ! », déplore Estelle. Elle s’y connaît en territoires colonisés par la France, c’est une pied-noir marocaine. Le président sourit, lève les bras et répond : « On s’est fait avoir ! »



« Merci monsieur ! »

La Néo-Orléanaise « depuis quarante-deux ans » est toute fière. « Il faut me parler avec des gants maintenant, le président m’a parlé », se vante-t-elle, sourire en coin. Le Carré français de La Nouvelle-Orléans a lui aussi l’air pas mal fier de cette visite. Aux « Vive la France » et « Allez les Bleus » avec l’accent anglais, répondent des « merci monsieur ». Le tout dans un quartier français coloré, chantant, et que l’on imagine de toute façon prompt à s’emballer.

Emmanuel Macron cède d’ailleurs à l’ambiance en esquissant - maladroitement - quelques pas de danse devant un orchestre de rue qui entonne une « Marseillaise » jazzy, puis le standard « When the saints to marching in ». Au balcon, un groupe qui entame sans doute son premier verre lance des « vive la France ! ». La ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, rebondit avec un « ouais ! » enthousiaste, les bras en l’air.

Belles images

Mais trêve de carnaval improvisé, Emmanuel Macron est vite rappelé au sujet clé de son voyage, l’économie. Et au bilan de sa visite. Lui juge qu’il a obtenu « au-delà de ce qu’il pouvait espérer », notamment sur la question des mesures anti-inflation américaines. Mais de toute évidence, le chef de l’Etat a pour l’instant plus obtenu une oreille attentive que des concessions.

Cela ne remet pas en cause la très bonne entente affichée avec Joe Biden à Washington. Ni qu’il y a effectivement du contenu dans ce séjour : au-delà de l’économie, on a parlé nucléaire civil, environnement, spatial, Ukraine bien entendu… Une chose est certaine : le locataire de l’Elysée a obtenu de belles images lors de cette semaine américaine. Notamment à La Nouvelle-Orléans, où le décor s’y prête sacrément.