Singapour : Le Parlement supprime une vieille loi qui pénalisait les relations homosexuelles

EGALITE Dans le même temps, le Parlement a officialisé l’interdiction du mariage pour les personnes de même genre

20 Minutes avec agences
Un rassemblement de la communauté LGBTQ+ à Singapour. (Illustration)
Un rassemblement de la communauté LGBTQ+ à Singapour. (Illustration) — Wong Maye-E/AP/SIPA

Le Parlement de Singapour a révoqué ce mardi une loi qui pénalisait les rapports sexuels entre hommes. Il a malheureusement, dans le même temps, modifié la Constitution pour y interdire le mariage entre personnes de même sexe.

La « section 377A » du Code pénal singapourien, jugée discriminatoire et stigmatisante pour la communauté LGBTQ +, datait de l’époque de la colonisation britannique. La loi, qui prévoyait une peine maximale de deux ans de prison, n’était de toute façon plus appliquée dans la cité État.




Une communauté LGBT visible et active à Singapour

La décision du Parlement est l’aboutissement d’une longue bataille judiciaire. Un des plaignants ayant contesté la loi devant la justice a salué « la naissance d’un nouveau chapitre » dans l’histoire de la communauté LGBT singapourienne. « Nous pouvons [enfin] démanteler progressivement tous les obstacles à la visibilité et aux progrès pour les citoyens queers », a-t-il estimé.

Singapour est un important carrefour commercial et financier à l’architecture ultramoderne, mais qui conserve des normes sociales conservatrices. Elle compte cependant une communauté LBGTQ + visible, qui se mobilise régulièrement, avec notamment des rassemblements « Pink Dot » pour défendre ses droits.

Pas de mariage pour tous

Le même jour, le Parlement a cependant modifié la Constitution locale en y précisant qu’un mariage ne pouvait être que l’union d’un homme et une femme. Le Premier ministre Lee Hsein Loong s’est félicité de cette double évolution. Des mois « d’innombrables » réunions publiques ont été nécessaires pour arriver à ce « consensus national », a-t-il indiqué.

Selon le ministère aux Affaires sociales et familiales, qui a proposé l’amendement à la Constitution contre le mariage pour tous, la définition traditionnelle de la famille doit rester le socle de la société. « Il n’y a pas de projet de changer cette définition pour inclure les mariages entre personnes de même sexe », a déclaré le ministre Masagos Zulkifli ce mardi.



Il a précisé que, désormais, toute célébration d’une union entre personnes du même sexe « était contraire à la loi ». Il reste possible que le Parlement modifie à l’avenir la définition du mariage, a-t-il cependant convenu.