Etats-Unis : Une Américaine de 19 ans interdite d’assister à l’exécution de son père

PEINE DE MORT Condamné à la peine de mort pour le meurtre d’un policier, Kevin Johnson a été exécuté malgré les nombreux recours déposés devant la justice américaine

20 Minutes avec agences
Un Afro-Américain de 37 ans a reçu une injection létale dans une prison de Bonne-Terre. Photo d'illustration
Un Afro-Américain de 37 ans a reçu une injection létale dans une prison de Bonne-Terre. Photo d'illustration — P. Sullivan/AP/SIPA

Corionsa Ramey, une Américaine de 19 ans, n’a pas eu le droit d’accompagner son père dans ses derniers instants de vie. L’Etat américain du Missouri a exécuté un homme condamné à la peine de mort pour le meurtre d’un policier, à l’issue d’une intense bataille judiciaire. Kevin Johnson, un Afro-Américain de 37 ans, a reçu une injection létale dans une prison de Bonne-Terre. Sa mort a été déclarée ce mercredi à 1h40, heure française, selon un communiqué des services pénitentiaires du Missouri.

Sa fille interdite d’assister à l’exécution

Ses défenseurs ont tenté jusqu’à la dernière minute de convaincre les tribunaux de surseoir à son exécution, notamment en raison de soupçons de racisme dans la procédure. Mais ils ont essuyé échec sur échec.

Sa fille a de son côté été interdite d’assister à l’exécution, une loi locale fixant à 21 ans l’âge minimum pour cela. « J’ai le cœur brisé de ne pouvoir être aux côtés de mon père dans ses derniers moments, avait-elle commenté après le rejet de sa plainte. Il a été là pour moi pendant toute ma vie, malgré son emprisonnement. C’est un bon père, le seul parent qu’il me reste. »



Le 17e prisonnier exécuté en 2022 aux Etats-Unis

Selon des documents juridiques, Kevin Johnson avait abattu un policier blanc le 5 juillet 2005, dans la banlieue de Saint-Louis. Son petit frère de 12 ans était mort d’une crise cardiaque deux heures plus tôt et il s’était convaincu que la police, présente au moment du décès, en était responsable.

Après un premier procès dans lequel les jurés n’avaient pas pu s’entendre sur le verdict, il avait été condamné en 2007 à la peine capitale. Mais le procureur de Saint-Louis de l’époque, remplacé en 2019, a été accusé de traiter différemment les suspects noirs et blancs, ce qui a poussé son successeur à ouvrir une unité destinée à corriger de potentielles erreurs judiciaires.

Dans ce cadre, un procureur spécial a été nommé à l’automne pour examiner le dossier de Kevin Johnson. A la mi-novembre, il a demandé à la justice de suspendre l’exécution le temps de conclure son enquête. Son recours, ainsi qu’une requête comparable portée par les avocats de Kevin Johnson, ont été rejetés lundi soir par la Cour suprême du Missouri, puis mardi in extremis par la Cour suprême des Etats-Unis. Kevin Johnson est le 17e prisonnier exécuté depuis le début de l’année aux Etats-Unis.