Manifestations en Chine : Le président du Conseil européen Charles Michel à Pékin pour « défendre les intérêts de l’UE »

Diplomatie Sa visite fait à la suite du « débat stratégique sur la Chine » qu’ont eu les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE au cours d’un sommet en octobre

20 Minutes avec AFP
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Président du Conseil européen Charles Michel
Président du Conseil européen Charles Michel — Pavel Bednyakov/SPUTNIK/SIPA

Un déplacement jugé « inopportun » par certains. Le président du Conseil européen Charles Michel est parti, mardi soir, pour Pékin, où il rencontrera, jeudi, le président chinois Xi Jinping, confronté à des manifestations d’ampleur historique contre les restrictions sanitaires et pour plus de libertés. « Charles Michel a été invité par le président Xi. Quand on est invité par le président chinois, est-ce qu’on dit non ? », a souligné un responsable européen. La politique chinoise de « zéro Covid », avec ses confinements draconiens, a été, ces derniers jours, la cible de vastes manifestations dans plusieurs villes de Chine, le mouvement de contestation le plus étendu depuis les mobilisations en faveur de la démocratie durement réprimées en 1989, amenant le principal organe de sécurité chinois à demander mardi la « répression » des « forces hostiles ».

Le président du Conseil européen (l’institution représentant les Etats membres du l’UE) arrivera mercredi dans la capitale chinoise, avant de rencontrer jeudi Xi Jinping, le Premier ministre Li Keqiang et le président du Comité permanent de l’Assemblée nationale populaire (ANP), Wu Bangguo. Sa visite, qui intervient après le voyage à Pékin du chancelier allemand Olaf Scholz, début novembre, fait à la suite du « débat stratégique sur la Chine » qu’ont eu les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE au cours d’un sommet en octobre, a précisé le responsable européen.



Charles Michel « a été mandaté par les Vingt-Sept et il a donné suite à une invitation personnelle du président Xi » pendant le dernier sommet du G20, a-t-il souligné. Il va « défendre les intérêts de l’UE » au cours de ses entretiens, « il abordera les questions des droits de l’homme et des libertés fondamentales » et « entend avoir un dialogue franc » avec Xi Jinping, a-t-il assuré. « Le moment de cette visite est très bien choisi en raison de la crise économique et énergétique provoquée par la guerre en Ukraine », a observé ce responsable, selon qui Charles Michel « va exhorter le président Xi à user de son influence pour mettre un terme à l’agression de la Russie » et « lui expliquer les sanctions décidées par l’UE ». Il devrait aussi évoquer la pandémie de Covid-19.

Discussions intenses

Ce voyage intervient dans un contexte d’intenses discussions entre Européens sur la façon de se positionner face à la Chine, sur fond d’aggravation des tensions entre Washington et Pékin, et à un moment où l’UE cherche à réduire son abyssal déficit commercial avec ce géant asiatique. L’UE considère la Chine comme « un partenaire, un concurrent économique et un rival systémique », selon la formulation adoptée en 2019.

Leurs relations se sont détériorées après l’adoption par les Vingt-Sept, en 2021, de sanctions à la suite des accusations de violations de droits de l’homme dans la région chinoise du Xinjiang. Charles Michel doit composer d’un côté avec un pays comme l’Allemagne, qui a d’importants intérêts économiques en Chine, et d’autres Etats membres comme la Lituanie, qui s’était attirée la colère de Pékin en accueillant une représentation de Taïwan sous son propre nom.