Chine : Le principal organe de sécurité du pays appelle à la « répression » après les manifestations

FERMETE La Commission des affaires politiques et juridiques du Parti communiste juge très important de « protéger avec détermination la stabilité sociale »

20 Minutes avec AFP
Des policiers devant des manifestants, à Pékin le 27 novembre 2022.
Des policiers devant des manifestants, à Pékin le 27 novembre 2022. — Stringer/TASS

Le régime reste ferme pour contrer la colère qui monte en Chine. Le principal organe de sécurité du pays a appelé mardi à la « répression » des « forces hostiles », deux jours après d’importantes manifestations contre les restrictions sanitaires et pour plus de libertés. La présence policière dans les rues empêche d’ailleurs pour l’instant tout nouveau rassemblement.

La Commission des affaires politiques et juridiques du Parti communiste - qui supervise les forces de l’ordre - a estimé qu’il était « nécessaire de réprimer les activités d’infiltration et de sabotage des forces hostiles conformément à la loi », selon le compte rendu d’une réunion, diffusé par l’agence de presse étatique Chine nouvelle. Cet organisme estime crucial de « protéger avec détermination la stabilité sociale ».

La promesse d’accélérer la vaccination

La Commission nationale de la santé s’est de son côté engagée à « accélérer la hausse du taux de vaccination des personnes âgées de plus de 80 ans et à continuer d’augmenter le taux de vaccination des personnes âgées de 60 à 79 ans ». Le taux insuffisant de vaccination en Chine, particulièrement chez les plus âgés, est l’un des arguments mis en avant par le gouvernement pour défendre sa stricte politique sanitaire, avec confinements à répétition et tests quasi-quotidiens.

En vigueur depuis bientôt trois ans, cette politique a été la cible de manifestations le week-end dernier dans plusieurs villes, le mouvement de contestation le plus étendu depuis les mobilisations pour la démocratie réprimées dans le sang en 1989. En toile de fond également, de profondes frustrations vis-à-vis du système politique comme l’ont montré des slogans scandés par les manifestants, certains exigeant que Xi Jinping et le Parti communiste quittent le pouvoir.

Après un week-end agité, l’important déploiement policier dans les grandes villes chinoises semblait avoir dissuadé mardi les contestataires. A Pékin, des journalistes de l’AFP ont vu quelques véhicules de police mais aucun manifestant au croisement près du village des Jeux asiatiques où une manifestation avait été prévue. Les températures très basses, de moins neuf degrés Celsius, avaient sans doute contribué à décourager tout nouveau rassemblement. La frustration envers les mesures draconiennes prises pour lutter contre le Covid-19 reste tout de même palpable.

Moins de contraintes à Urumqi

Si Pékin maintient pour l’instant sa stricte politique face au Covid-19, quelques gestes d’assouplissement sont apparus ces derniers jours. Ainsi, à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang au nord-ouest de la Chine, la population pouvait à nouveau se déplacer en bus mardi pour faire ses courses, après des semaines de confinement. La municipalité de Pékin a pour sa part interdit « la pratique consistant à bloquer les portes des bâtiments dans les complexes résidentiels fermés », selon Chine Nouvelle, un procédé qui a alimenté la colère populaire.