Chine : A Pékin, des manifestants disent avoir reçu un appel téléphonique de la police

INTIMIDATIONS Durant le week-end, de nombreuses personnes ont manifesté à Pékin, Shanghai et Wuhan contre les restrictions sanitaires et pour plus de libertés

20 Minutes avec AFP
Des policiers devant des manifestants, à Pékin le 27 novembre 2022.
Des policiers devant des manifestants, à Pékin le 27 novembre 2022. — Koki Kataoka/AP/SIPA

En Chine, les autorités tentent par tous les moyens d’endiguer le mouvement de colère. Des manifestants qui avaient protesté dimanche à Pékin, contre les restrictions sanitaires et en faveur de plus de libertés, disent avoir été contactés par téléphone par la police qui les aurait interrogés sur leur présence au rassemblement.

La question se pose de savoir comment la police est parvenue à découvrir l’identité de certains manifestants, quand la grande majorité d’entre eux n’ont pas vu leurs documents d’identité contrôlés lors du rassemblement de la fin du week-end.

Une manifestation illégale

Une manifestante a déclaré lundi soir qu’elle et cinq de ses camarades, qui avaient également manifesté dimanche dans la capitale, avaient reçu un appel de la police de Pékin. Le policier « a dit mon nom et m’a demandé si j’avais été à la rivière Liangma la nuit dernière… Il m’a demandé précisément combien de personnes s’y trouvaient, à quelle heure j’y étais, comment j’en avais entendu parler », a raconté cette manifestante, qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité.

« La police a souligné le fait que la manifestation d’hier soir était illégale et nous a demandé si nous avions des exigences que nous souhaiterions leur communiquer via les canaux légaux ». Elle a précisé que l’officier de police lui avait parlé d’un « ton égal » durant ce bref appel, et lui avait enjoint de ne pas assister à de futurs rassemblements. Dans un cas, la police se serait déplacée au domicile de ses camarades car ils refusaient de répondre au téléphone, a-t-elle indiqué, ajoutant qu’elle ferait « son possible pour continuer » à manifester.

A Shanghai, un journaliste de l’AFP, témoin de plusieurs arrestations, a constaté que la police avait vérifié de force si le téléphone d’un manifestant possédait des applications de réseaux sociaux étrangers, bloquées en Chine et que certains utilisent pour diffuser des informations sur les manifestations.

Dimanche, une foule de manifestants, répondant à des appels sur les réseaux sociaux, est descendue dans la rue notamment à Pékin, Shanghai et Wuhan, prenant les forces de l’ordre au dépourvu. Par son étendue sur le territoire, la mobilisation a semblé être la plus importante depuis les rassemblements prodémocratie de 1989, durement réprimés.