Justice internationale : Les Pays-Bas, le Canada et l’Équateur veulent un tribunal mondial anticorruption

Kleptocraties Selon les promoteurs de ce tribunal, celui-ci pourrait fonctionner sur le même modèle que celui de la Cour pénale internationale

20 Minutes avec AFP
Des billets avec une écharpe d'un élu (illustration).
Des billets avec une écharpe d'un élu (illustration). — ' RAPHAEL BLOCH / SIPA

Les Pays-Bas, le Canada et l’Équateur veulent en finir avec les « kleptocrates ». Pour cela, ces trois pays ont soutenu lundi des appels à la création d’un tribunal mondial anticorruption.

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont en effet soutenu une campagne pour un tel tribunal, qui, selon ses partisans, fonctionnerait de la même manière que la Cour pénale internationale (CPI).

Deux mille milliards de dollars perdus chaque année

Ce « tribunal fournira à la communauté internationale un outil supplémentaire pour faire appliquer les lois anticorruption existantes », a tweeté le ministre néerlandais des Affaires étrangères Wopke Hoekstra après une rencontre à La Haye, ville néerlandaise abritant une multitude de tribunaux mondiaux. Quelque deux mille milliards de dollars de dépenses d’approvisionnement dans le monde sont perdus chaque année en raison de la corruption, selon les chiffres de l’ONU.

Le juge principal américain Mark Wolf, qui dirige la campagne, a déclaré que le tribunal « se concentrera sur les plus hauts fonctionnaires et les personnes qu’ils soudoient ». « La culture de l’élimination de la corruption commence par le haut », a-t-il déclaré lors d’une table ronde en marge de la réunion ministérielle.

Recueillir la parole « des lanceurs d’alerte »

Quelque 189 parties, dont 181 pays, ont signé la Convention des Nations unies contre la corruption, visant à mettre un terme à cette pratique dans le monde. « Pourtant, les kleptocrates jouissent de l’impunité parce qu’ils contrôlent l’administration de la justice dans les pays qu’ils dirigent », a dénoncé Mark Wolf. « Ce tribunal pourrait être un lieu où des lanceurs d’alerte très courageux pourraient par exemple apporter leurs preuves » s’ils ne peuvent pas le faire dans les pays où ils vivent.

Toutefois, les partisans du tribunal ont admis qu’il reste encore un long chemin à parcourir avant qu’il ne devienne une réalité, et qu’il serait confronté à des défis similaires à ceux rencontrés par la CPI. Cette cour, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, n’a par exemple pas la capacité d’arrêter des suspects et compte sur ses États membres pour le faire, avec un succès variable. « Nous voulons examiner ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné et quelles pourraient être les prochaines étapes », a pour sa part déclaré lors de la table ronde Maja Groff, conseillère principale en matière de traités pour Integrity Initiatives International, ONG à l’origine de l’appel à la création du tribunal anticorruption.