Sao Tomé-et-Principe : Décès de quatre personnes arrêtées lors d'une tentative de coup d’Etat

PUTSCH Le Premier ministre Patrice Trovoada affirme avoir déjoué une tentative de coup d’Etat dans la nuit de jeudi à vendredi

20 Minutes avec AFP
Le Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, le 5 septembre 2018.
Le Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe, Patrice Trovoada, le 5 septembre 2018. — AFP

Dans la nuit de jeudi à vendredi, le pouvoir a été menacé à Sao Tomé-et-Principe. Le chef d’état-major de l’armée, Olinto Paquete, a annoncé dimanche la mort de quatre personnes qui avaient été arrêtées à l’issue d’une tentative de coup d’Etat manquée.

Le Premier ministre Patrice Trovoada avait annoncé avoir déjoué vendredi une tentative de coup d’Etat dans ce petit archipel lusophone, considéré comme un modèle de démocratie parlementaire en Afrique. Un commando de quatre hommes avait été capturé vendredi après six heures d’échanges de tirs au quartier général de l’armée. « Quatre citoyens » avec « 12 soldats de l’armée », ont tenté d’occuper des installations militaires, a indiqué de son côté le chef d’état-major.

Des circonstances confuses

Concernant les quatre morts, trois d’entre eux qui avaient été « capturés et neutralisés », sont décédés de leurs « blessures », a affirmé Olinto Paquete dimanche, sans donner plus de détails sur les circonstances qui demeurent confuses.

Le quatrième mort, Arlecio Costa, est un ancien mercenaire santoméen du sulfureux groupe sud-africain « Bataillon Buffalo », démantelé en 1993 par Pretoria, qui avait été accusé dès vendredi par Patrice Trovoada d’être l’un des commanditaires. Là aussi, les circonstances de sa mort restent floues : son arrestation avait été annoncée par les autorités vendredi et, dimanche, Olinto Paquete a expliqué qu’il est décédé après avoir « sauté d’un véhicule ».

Deux enquêtes ouvertes

Dans ce contexte, une source judiciaire a indiqué sous couvert d’anonymat l’ouverture de deux enquêtes : la première concernant l’attaque du QG de l’armée, la seconde sur des faits de « meurtre » et de « torture » contre des auteurs présumés de la tentative de coup d’Etat. Une source judiciaire n’a en outre pas pu dire si Arlecio Costa avait été arrêté ou non au QG de l’armée avec les trois autres personnes. En février 2009, alors chef d’un petit parti d’opposition, il avait déjà été arrêté et accusé d’être le meneur d’une tentative déjouée de putsch.

A l’issue d’un Conseil des ministres qui s’est tenu dimanche, le gouvernement a « fermement condamné » ce qu’il qualifie de « tentative violente de subversion de l’ordre constitutionnel ». Le gouvernement a notamment exhorté les services hospitaliers à « préserver correctement les corps » des victimes, ajoutant qu’une « équipe internationale », comprenant un médecin légiste, doit rejoindre l’archipel pour appuyer les équipes d’enquêteurs.

Plusieurs autres personnes, dont l’ex-numéro 1 du Parlement, Delfim Nevès, avaient été arrêtés vendredi après avoir été dénoncées par le commando responsable de l’assaut du QG de l’armée. Delfim Nevès était le président de l’Assemblée nationale sortante et a perdu cette fonction le 11 novembre lors de l’installation de la nouvelle chambre issue des législatives du 25 septembre, remportées à la majorité absolue par le parti de centre droit du Premier ministre, l’Action démocratique indépendante (ADI).