Algérie : Le budget de la défense va plus que doubler en 2023

ARMEE Les dépenses consacrées à la défense nationale devraient atteindre 3.186 milliards de dinars (plus de 22 milliards d’euros) en 2023, contre 1.300 milliards en 2022

20 Minutes avec AFP
Un soldat lors d'un défilé militaire marquant les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, à Alger le 5 juillet 2022.
Un soldat lors d'un défilé militaire marquant les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, à Alger le 5 juillet 2022. — Toufik Doudou/AP/SIPA

L’armée est une nouvelle fois la grande gagnante des arbitrages budgétaires en Algérie. Alger va allouer en 2023 plus de 22 milliards d’euros à la défense, un budget qui a plus que doublé par rapport à 2022, selon le projet de loi de finances adopté mardi par l’Assemblée populaire nationale.

La défense va ainsi rester le premier poste budgétaire devant les finances, doté de plus de 21 milliards de dollars. Les dépenses consacrées à la défense nationale devraient atteindre quelque 3.186 milliards de dinars (plus de 22 milliards d’euros), selon le texte approuvé par les députés de la chambre basse du Parlement. En 2022, le budget de la défense nationale était de 1.300 milliards de dinars (plus de 9 milliards d’euros).

Des fortes tensions avec le Maroc

Cette hausse sans précédent du budget militaire survient dans un contexte de fortes tensions avec le Maroc, avec lequel Alger a rompu ses relations diplomatiques en août 2021 en raison de profonds désaccords sur le territoire disputé du Sahara occidental et du rapprochement sécuritaire entre Rabat et Israël.

Le financement de ce budget a été rendu possible par la hausse des prix des hydrocarbures, dont l’Algérie est un important exportateur. « La hausse des prix des hydrocarbures contribue à renforcer la reprise de l’économie algérienne suite au choc de la pandémie. Les recettes exceptionnelles provenant des hydrocarbures ont atténué les pressions sur les finances publiques et extérieures », a ainsi indiqué lundi une délégation du Fonds monétaire international (FMI), qui a séjourné du 6 au 21 novembre en Algérie.

Le projet de loi de finances, qui doit être ensuite soumis à la chambre haute du Parlement (Conseil de la nation), prévoit des dépenses de plus de 96 milliards d’euros et des recettes d’environ 55 milliards d’euros. Pour 2023, le gouvernement table sur un taux de croissance de 4,1 % et une inflation de 5,1 %. Le budget a été élaboré sur la base d’un prix de référence du baril de pétrole à 60 dollars et un prix du marché à 70 dollars.