Syrie : Le président turc Erdogan menace de lancer une opération terrestre

RAIDS Des roquettes tirées depuis la Syrie ont fait trois morts et une quinzaine de blessés en Turquie, alors que le pays a lancé des raids dans le nord de l’Irak et de la Syrie qui ont fait une trentaine de morts

20 Minutes avec AFP
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Cette photo mise à disposition par l'agence turque DHA le 21 novembre 2022 montre l'épave d'un camion brûlé après avoir été touché par l'une des roquettes tirées depuis le nord de la Syrie sur le district de Karkamis en Turquie.
Cette photo mise à disposition par l'agence turque DHA le 21 novembre 2022 montre l'épave d'un camion brûlé après avoir été touché par l'une des roquettes tirées depuis le nord de la Syrie sur le district de Karkamis en Turquie. — Kadir GUNES / DHA

L'heure n'est pas à l'apaisement entre la Turquie et ses voisins kurdes en Syrie et en Irak. Des tirs de roquettes depuis le territoire syrien ont visé lundi la ville turque frontalière de Karkamis (sud-est), faisant trois morts, dont un enfant, et six blessés, ce qui porte le bilan à trois morts et une quinzaine de blessés depuis dimanche, a annoncé le ministre turc de l’Intérieur. 

Des images publiées par des médias turcs, dont l’agence de presse officielle Anadolu, montrent les vitres brisées d’un établissement scolaire et un poids lourd en flammes. Selon Anadolu, les roquettes ont touché un lycée et deux maisons, ainsi qu’un camion près du poste-frontière qui relie Karkamis à la ville syrienne de Jarablus.

Des raids aériens sur 89 positions kurdes

Ces roquettes ont été tirées en représaille aux raids aériens lancés dimanche par l'aviation turque, qui ont visé 89 positions du PKK, le Parti des Travailleurs du Kurdistan, et des YPG, les Unités de protection du peuple, faisant 35 morts selon un bilan, lundi, de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). 

«Nous avons déjà prévenu: nous ferons payer ceux qui nous dérangent sur notre territoire», a affirmé Recep Tayyip Erdogan, le président turc, qui accuse le PKK d’avoir commandité l’attentat qui a fait six morts et 80 blessés le 13 novembre à Istanbul. 


«Les unités compétentes, notre ministère de la Défense et notre état-major décideront ensemble de la puissance qui doit être engagée par nos forces terrestres», a-t-il annoncé, faisant état de «consultations» en cours.

Entre 2016 et 2019, la Turquie a mené trois opérations d'envergure dans le nord de la Syrie contre les milices et organisations kurdes. Ankara répète vouloir créer une «zone de sécurité» de 30 km de large le long de sa frontière sud.