Mobilisation générale pour la Grèce, inquiétude pour l'Espagne

FINANCE Et les marchés européens s'inquiètent...

O.R. avec agence

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Des manifestants protestent contre la situation économique catastrophique en Grèce, à Athènes, le 23 avril 2010.
Des manifestants protestent contre la situation économique catastrophique en Grèce, à Athènes, le 23 avril 2010. — AFP PHOTO: Angelos Tzortzinis

Branle-bas de combat pour la Grèce

Face à la menace d'un défaut de paiement grec qui ébranle la zone euro et les marchés, les responsables européens et du FMI ont cherché mercredi à accélérer le déblocage de l'aide nécessaire en mettant l'Allemagne sous pression.

Un appel semble-t-il entendu par Angela Merkel: «il est évident que les négociations entre le gouvernement grec, la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI) doivent être accélérées», a déclaré la chancelière allemande, frileuse jusqu’ici sur les aides.

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne et Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI avaient fait le déplacement exprès à Berlin pour tenter de convaincre les Allemands sur le programme de sauvetage. Le plan d'aide à la Grèce de la zone euro et du FMI prévoit pour le moment un apport de 45 milliards d'euros pour 2010 (30 milliards de la zone euro et 15 milliards du FMI).

Inquiétude pour l’Espagne

Le temps presse, car après le Portugal, l'Espagne a été fragilisée à son tour, par la dégradation de la note de sa dette par l'agence financière Standard and Poor's. Avec une note de «AA», l'Espagne reste toutefois un pays sans risque, contrairement à la Grèce.

La vice-présidente du gouvernement espagnol Maria Teresa Fernandez de la Vega a lancé un appel au calme et à la «tranquillité», expliquant: «Nous avons un plan très sérieux de consolidation fiscale et de réduction du déficit pour le réduire à 3% en 2013. Nous avons adopté un plan d'austérité, nous avons mis en marche une réforme du marché du travail. Nous sommes en train d'adopter toutes les mesures pour tenir nos engagements», a-t-elle ajouté.

Calmer les marchés européens

Après une journée noire mardi, les dirigeants européens et du FMI ont multiplié mercredi les initiatives pour enrayer la panique sur les marchés, à commencer par la convocation d'un sommet, sans doute le 10 mai. Les inquiétudes sont restées fortes mercredi, avec la crainte d'une contagion à d'autres pays très endettés comme le Portugal et l'Espagne.

Les marchés boursiers ont de nouveau plongé, après la dégradation de la note de l'Espagne par Standard and Poors, tandis que l'euro touchait un nouveau plus bas sur un an, à 1,3129 dollar.

La flambée du taux des obligations grecques à 10 ans, après avoir dépassé successivement 10% puis 11%, une première pour un pays de la zone euro, s'est aussi apaisée et poursuivait sa redescente, à 9,919% à 18h09.

La bourse secouée à Paris

Ce mercredi, la bourse termine dans le rouge, en raison de la crise de confiance et de l’incapacité des Européens à mettre un terme à la crise grecques. Le CAC 40 perd 57,6 points pour s'inscrire à 3.787 points, soit un repli de -5% sur les deux dernières séances. Depuis le début de l’année, la cote parisienne est en repli de près de 4%.