Syrie : Les Pays-Bas vont rapatrier douze femmes et 28 enfants proches de l’EI

Djihad Il s’agit de la plus grosse extraction jamais organisée par le pays

20 Minutes avec AFP
Sur cette photo du 31 mars 2019, des enfants jouent dans une flaque de boue dans la section destinée aux familles étrangères du camp d'Al-Hol, dans la province de Hassakeh, en Syrie.
Sur cette photo du 31 mars 2019, des enfants jouent dans une flaque de boue dans la section destinée aux familles étrangères du camp d'Al-Hol, dans la province de Hassakeh, en Syrie. — Maya Alleruzzo

Le gouvernement néerlandais a annoncé mardi le rapatriement de Syrie de douze citoyennes soupçonnées d’infractions terroristes et de leurs 28 enfants, la plus grosse exfiltration de familles de djihadistes jamais organisée par les Pays-Bas.

« Les femmes seront arrêtées après leur arrivée aux Pays-Bas et seront jugées », a précisé l’exécutif dans une lettre au Parlement, qui vise grâce à cette opération spéciale à « empêcher l’impunité de ces douze suspectes ».

Le tribunal du district de Rotterdam (ouest) avait en mai recommandé au gouvernement de rapatrier ou d’avoir pris un engagement concret dans ce sens pour ces douze femmes dans les quatre mois. Pour des « raisons de sécurité et de confidentialité des personnes concernées », le gouvernement n’a pas indiqué d’où venait le groupe.

Une question délicate

Les familles des djihadistes capturés ou tués en Syrie et en Irak se trouvent pour la plupart dans des camps administrés par les autorités kurdes qui réclament leur rapatriement dans leurs pays d’origine. Leur retour s’est révélé une question délicate dans la plupart des pays de l’Union européenne - dont les Pays-Bas - depuis la chute en 2019 du « califat » de l’Etat islamique.

Début 2022, le gouvernement néerlandais a récupéré cinq femmes de l’EI et leurs onze enfants dans le camp de réfugiés kurdes d’Al Roj, dans le nord de la Syrie. Une femme originaire de la ville de Gouda avait été en juin 2021 la première femme à être rapatriée sur le territoire néerlandais, avec ses deux jeunes garçons, du camp Al-Roj. Elle a été condamnée à 3 ans et demi de prison.

La France rappelée à l’ordre

Paris a annoncé en juillet dernier un premier « rapatriement massif » depuis la chute du « califat » (35 mineurs et 16 mères), suivi d’un autre en octobre (15 femmes et 40 enfants). Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU avait estimé en février que la France avait violé les droits des enfants français retenus dans les camps en Syrie en omettant de les rapatrier.

L’Allemagne, qui s’est efforcée de procéder régulièrement à des opérations de rapatriement a annoncé début octobre le rapatriement de sept enfants et quatre femmes supplémentaires, considérant avoir réglé presque tous les cas connus de familles allemandes dans les camps de prisonniers djihadistes de Syrie.