La Somalie demande l’aide internationale après un double attentat qui a fait 100 morts

Carnage L’attaque, revendiquée par les islamistes shebab, a également fait au moins 300 blessés samedi

20 Minutes avec AFP
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Des gens marchent au milieu des décombres au lendemain d'un double attentat à la voiture piégée à un carrefour très fréquenté de Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 30 octobre 2022.
Des gens marchent au milieu des décombres au lendemain d'un double attentat à la voiture piégée à un carrefour très fréquenté de Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 30 octobre 2022. — Farah Abdi Warsameh/AP/SIPA

Les bulldozers continuent de déblayer les décombres à la recherche de victimes. Ce lundi, le président somalien a lancé un appel à la communauté internationale pour venir en aide aux blessés du double attentat à la voiture piégée qui a fait 100 morts samedi dans la capitale Mogadiscio. Les islamistes radicaux shebab ont revendiqué l’attentat, le plus meurtrier depuis cinq ans, affirmant que leurs combattants avaient visé le ministère de l’Education.

L’attaque a également fait au moins 300 blessés. Deux véhicules piégés ont explosé samedi sur une artère très fréquentée à quelques minutes d’intervalle. Les explosions, qui ont soufflé les fenêtres des bâtiments voisins, ont submergé les hôpitaux et cliniques, dans ce pays au système sanitaire ravagé par des décennies de conflit.

Envoi de médecins

La Somalie, pays de la Corne de l’Afrique, est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Siad Barre en 1991. « Nous appelons la communauté internationale, les frères somaliens et les autres frères (…) à envoyer des médecins en Somalie pour aider les hôpitaux à soigner les blessés », avait déclaré dimanche le président Hassan Sheikh Mohamud, en soulignant que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.

« Nous ne pouvons pas transporter par avion tout ce nombre de blessés (…). Nous demandons à quiconque pouvant nous envoyer de l’aide de le faire », avait poursuivi le chef de l’Etat, après avoir lui-même donné son sang. Le premier ministre Hamza Abdi Barre a ordonné la fermeture des écoles pour que les étudiants puissent donner leur sang.

Un carrefour déjà tristement célèbre

La Somalie et « ces terroristes sont en guerre », avait également affirmé le président Hassan Sheikh Mohamud. Pour le chef de l’Etat, ce double attentat montre que les islamistes shebab ont « perdu et (…) sont incapables de contrer l’armée, de sorte qu’ils se sont faufilés pour massacrer des civils innocents ». L’attaque a eu lieu au même carrefour qui avait déjà été frappé par le plus grave attentat jamais commis en Somalie : 512 personnes avaient été tuées le 14 octobre 2017 par l’explosion d’un camion bourré d’explosifs.

Ali Yare Ali, un responsable local à Mogadiscio, a déclaré à des journalistes qu’entre 7 et 9 corps pourraient encore se trouver sous les débris. La communauté internationale a rapidement condamné le double attentat. La mission de l’ONU en Somalie s’est engagée à se tenir « résolument aux côtés de tous les Somaliens contre le terrorisme » et Washington a vilipendé une attaque « haineuse » et assuré les autorités somaliennes de leur « soutien dans le combat pour prévenir de tels attentats terroristes impitoyables ».