Somalie : Une attaque islamiste dans un hôtel fait neuf morts et 47 blessés

drame L’assaut mené par des islamistes radicaux shebab a duré six heures

20 Minutes avec agences
Un membre des forces de sécurité après l'assaut par des islamistes radicaux shebab, d'un hôtel de la capitale Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 21 août 2022.
Un membre des forces de sécurité après l'assaut par des islamistes radicaux shebab, d'un hôtel de la capitale Mogadiscio, en Somalie, le dimanche 21 août 2022. — Farah Abdi Warsameh/AP/SIPA

Un nouveau drame. Dimanche, un hôtel de la ville de Kismayo, dans le sud de la Somalie, a été la cible d’une attaque qui a duré plus de six heures. Neuf personnes ont été tuées et 47 blessées au cours de cet assaut mené par des islamistes radicaux shebab. Cette grande ville portuaire est la dernière frappée par le regain des actions violentes des shebab ces derniers mois, qui a notamment ensanglanté la capitale Mogadiscio et le centre du pays.


L’attaque, débutée vers 12 h 45 locale (9 h 45 GMT), s’est achevée vers 19 h, après que trois assaillants, présents à l’intérieur de l’hôtel, ont été abattus par les forces de sécurité de l’Etat du Jubaland. Le ministre de la Sécurité du Jubaland, Yusuf Hussein Osman, a annoncé un bilan de neuf personnes tuées et 47 autres blessées, « parmi lesquelles des élèves qui sortaient d’une école voisine au moment de l’attaque ». « Les forces de sécurité ont mis fin au siège en temps opportun », a-t-il estimé.

Une attaque similaire en 2019

L’action a été menée par quatre hommes : un premier qui a mené une attaque suicide, suivie de l’intrusion de trois hommes armés dans l’hôtel. Selon Yusuf Hussein Osman, elle a débuté par un kamikaze « qui s’est fait exploser ». Des témoins ont évoqué une voiture piégée. « Un kamikaze a conduit un véhicule à l’entrée de l’hôtel avant que des hommes armés n’entrent dans le bâtiment. Des tirs ont commencé à l’intérieur », a raconté l’un d’eux, nommé Farhan Hassan. Les shebab ont revendiqué l’attaque, affirmant viser un hôtel où étaient réunis des membres de l’administration du Jubaland.


Ils avaient mené, en juillet 2019, une attaque similaire contre les autorités locales dans un hôtel de la ville, faisant au moins 26 morts et 56 blessés. Le groupe islamiste, lié à Al-Qaïda, combat depuis 2007 le gouvernement fédéral soutenu par la communauté internationale. Il a été chassé des principales villes - dont la capitale Mogadiscio, en 2011 - mais reste solidement implanté dans de vastes zones rurales, notamment dans le sud du pays. Capitale du Jubaland située à 500 km au sud de Mogadiscio, Kismayo était un bastion des shebab, qui tiraient de solides revenus de son activité portuaire, avant que la ville ne soit reprise, en 2012, par des milices locales, épaulées par les forces kényanes.

Une « guerre totale »

Ces derniers mois, les shebab ont redoublé d’activité en Somalie, pays pauvre et instable de la Corne de l’Afrique, avec, notamment, un spectaculaire assaut, long d’une trentaine d’heures, fin août, sur un hôtel de Mogadiscio. Après cette attaque, qui a fait au moins 21 morts et 117 blessés, le président Hassan Cheikh Mohamoud a promis une « guerre totale » pour éliminer les shebab et appelé la population à se « tenir à l’écart » des zones contrôlées par les islamistes qui allaient être visés par de prochaines offensives. Les forces de sécurité et des milices claniques locales ont, notamment, lancé des opérations militaires dans le centre du pays, qui ont permis, selon les autorités, de reprendre du terrain aux combattants islamistes.



L’armée américaine mène également des frappes aériennes. L’une d’entre elles a tué, début octobre, Abdullahi Yare, un des plus hauts dirigeants et cofondateur du mouvement, dans le sud du pays. Quelques heures après l’annonce de sa mort par le gouvernement somalien, un triple attentat à la bombe contre un bâtiment gouvernemental dans la ville de Beledweyne (centre) a tué, au moins, 30 personnes et blessé 58 autres. Outre l’insurrection shebab, la Somalie est également menacée par une famine imminente, provoquée par la plus grave sécheresse observée depuis plus de quarante ans. À travers le pays, 7,8 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, sont affectées par la sécheresse, dont 213.000 sont en grand danger de famine, selon l’ONU. Sans une mobilisation urgente, l’état de famine pourrait être déclaré avant la fin de l’année.